Planter menthe et basilic ensemble : bonne ou mauvaise idée pour repousser les nuisibles ?

Planter menthe et basilic ensemble : bonne ou mauvaise idée pour repousser les nuisibles ?
Planter menthe et basilic ensemble : bonne ou mauvaise idée pour repousser les nuisibles ?

Dans un jardin ou sur un balcon, le choix des associations de plantes aromatiques n’est jamais anodin.

La menthe et le basilic sont deux des herbes les plus cultivées en France, et beaucoup de jardiniers amateurs se posent la même question au moment de préparer leurs bacs ou leurs planches de culture : peut-on les planter côte à côte sans que l’une prenne le dessus sur l’autre ?

La réponse n’est pas aussi simple qu’un oui ou un non, et elle dépend de plusieurs facteurs que peu de guides prennent le temps d’expliquer vraiment.

Ce qui est certain, c’est que ces deux plantes ont des propriétés répulsives reconnues contre certains insectes nuisibles, et que bien associées, elles peuvent devenir de véritables alliées dans une approche de jardinage naturel.

Les caractéristiques de la menthe et du basilic : deux plantes très différentes

Avant de parler d’association, il faut comprendre ce que sont ces deux plantes dans leur nature profonde. Elles n’ont pas les mêmes besoins, pas le même comportement, et pas la même façon d’occuper l’espace.

La menthe, une plante envahissante par nature

La menthe (Mentha spp.) est une plante vivace qui se propage de manière très agressive grâce à ses stolons souterrains. Ces tiges rampantes s’étendent rapidement dans toutes les directions et peuvent coloniser un espace en quelques semaines. En pleine terre, une menthe non contenue peut envahir tout un carré de jardin en une seule saison. Elle préfère les sols humides, supporte bien l’ombre partielle, et tolère des températures assez basses. Sa robustesse est à la fois sa force et son principal défaut quand on veut la faire cohabiter avec d’autres plantes.

Il existe de nombreuses variétés de menthe : menthe poivrée (Mentha × piperita), menthe verte (Mentha spicata), menthe marocaine, menthe chocolat, menthe citronnée… Chacune a un profil olfactif légèrement différent, mais toutes partagent cette tendance à l’envahissement.

Le basilic, une plante fragile qui demande de l’attention

Le basilic (Ocimum basilicum) est une plante annuelle d’origine tropicale. Il a besoin de chaleur, de beaucoup de lumière directe, d’un sol bien drainé et d’arrosages réguliers mais sans excès. Il déteste le froid, les courants d’air, et les sols gorgés d’eau. Contrairement à la menthe, il ne se ressème pas facilement seul sous nos latitudes et doit souvent être replanté chaque année. C’est une plante beaucoup plus exigeante, et surtout beaucoup plus vulnérable à la concurrence racinaire.

Ces différences fondamentales entre les deux plantes expliquent pourquoi leur association demande une certaine organisation pour être réussie.

Peut-on vraiment planter menthe et basilic ensemble ?

La réponse courte est : oui, mais sous conditions. Planter ces deux herbes dans le même bac sans précaution reviendrait à condamner le basilic à terme. La menthe, avec son système racinaire agressif, finirait par étouffer les racines du basilic et lui voler eau et nutriments. En pleine terre, le résultat serait encore plus rapide et encore plus défavorable pour le basilic.

La solution du pot séparé dans un même bac

La technique la plus efficace consiste à planter la menthe dans un pot individuel que l’on enfonce ensuite dans un bac commun ou dans la terre. En contenant les racines de la menthe dans son propre contenant, on empêche ses stolons de coloniser l’espace racinaire du basilic. Les deux plantes peuvent ainsi cohabiter visuellement et profiter mutuellement de leurs effets répulsifs, sans que l’une ne nuise à l’autre.

Cette méthode est largement utilisée par les jardiniers expérimentés et elle fonctionne très bien sur un balcon, une terrasse, ou dans un potager en carrés. Il suffit d’utiliser un pot en plastique de taille moyenne, d’y planter la menthe, puis d’enfoncer ce pot dans le substrat du bac principal où se trouve le basilic.

En pleine terre, maintenir une distance raisonnable

Si vous jardinez en pleine terre, il vaut mieux maintenir une distance d’au moins 40 à 50 centimètres entre les deux plantes, tout en enterrant quand même la menthe dans un pot sans fond pour limiter la propagation de ses stolons. Certains jardiniers utilisent des barrières anti-rhizomes, le même type de barrière que l’on utilise pour contenir le bambou, pour délimiter la zone de culture de la menthe.

Les effets répulsifs de la menthe et du basilic sur les nuisibles

C’est sans doute l’une des raisons principales pour lesquelles cette association intéresse autant les jardiniers qui souhaitent réduire leur usage de produits chimiques. Ces deux plantes aromatiques dégagent des composés volatils qui perturbent ou repoussent certains insectes ravageurs.

Les nuisibles repoussés par la menthe

La menthe est reconnue pour son efficacité contre plusieurs types de nuisibles grâce à sa forte teneur en menthol et en menthone. Voici les principaux insectes et animaux qu’elle repousse :

  • Les pucerons : l’odeur forte de la menthe perturbe les pucerons et les dissuade de s’installer sur les plantes voisines.
  • Les fourmis : les fourmis n’apprécient pas l’odeur du menthol et évitent généralement les zones où la menthe est présente.
  • Les mouches : planter de la menthe près d’une zone de compost ou d’un potager réduit la présence de mouches.
  • Les moustiques : les huiles essentielles contenues dans la menthe ont un effet répulsif sur les moustiques, même si cet effet reste limité à la zone immédiate de la plante.
  • Les rongeurs : les souris et les rats n’apprécient pas l’odeur de la menthe, ce qui en fait une plante utile à placer près des entrées de maison ou des potagers.

Les nuisibles repoussés par le basilic

Le basilic, de son côté, contient des huiles essentielles comme l’eugénol, le linalol et le cinéole qui ont des propriétés répulsives reconnues :

  • Les pucerons : comme la menthe, le basilic repousse les pucerons grâce à son odeur caractéristique.
  • Les mouches blanches (aleurodes) : le basilic est souvent planté près des tomates pour éloigner les aleurodes, qui sont de redoutables ravageurs du potager.
  • Les thrips : ces petits insectes qui s’attaquent aux feuilles sont sensibles à l’odeur du basilic.
  • Les moustiques : plusieurs études ont montré que le basilic, notamment le basilic citron (Ocimum × citriodorum), a un effet répulsif sur les moustiques.

Un effet combiné pour une protection renforcée

Lorsque menthe et basilic sont cultivés ensemble ou à proximité, leurs effluves combinées créent une barrière olfactive plus complexe et plus difficile à ignorer pour les insectes nuisibles. C’est le principe même de la culture associée ou du compagnonnage végétal : en mélangeant les odeurs, on brouille les pistes pour les ravageurs qui utilisent leurs sens olfactifs pour repérer leurs plantes hôtes.

Cette synergie est particulièrement intéressante dans un potager où l’on cultive des tomates, des poivrons, des courgettes ou des salades, qui sont toutes des plantes régulièrement attaquées par les pucerons et les mouches blanches.

Comment bien organiser cette association dans votre jardin ou sur votre balcon

Voici quelques conseils pratiques pour tirer le meilleur parti de cette association tout en évitant les pièges les plus courants.

Le choix des contenants

Pour un balcon ou une terrasse, optez pour un grand bac rectangulaire d’au moins 40 centimètres de profondeur. Plantez le basilic directement dans le substrat du bac, et enfoncez la menthe dans un pot en plastique de 15 à 20 centimètres de diamètre, lui-même placé dans le bac. Assurez-vous que le pot de menthe dépasse légèrement du substrat pour éviter que ses stolons ne passent par-dessus bord.

Le substrat et l’arrosage

C’est ici que la cohabitation devient délicate. Le basilic a besoin d’un sol bien drainé et souffre des excès d’eau, tandis que la menthe préfère un sol plus humide. Pour trouver un équilibre, utilisez un terreau universel légèrement enrichi en compost, arrosez modérément mais régulièrement, et assurez-vous que le bac a des trous de drainage suffisants. La menthe, dans son pot séparé, peut recevoir un peu plus d’eau que le reste du bac si nécessaire.

L’exposition et la lumière

Le basilic a besoin d’au moins 6 heures de soleil direct par jour pour bien se développer. La menthe, elle, tolère la mi-ombre. Placez donc votre bac dans un endroit bien ensoleillé, ce qui favorisera avant tout le basilic. La menthe s’en accommodera sans problème.

La taille et l’entretien

Pincez régulièrement les tiges de basilic pour éviter qu’il monte en graines trop vite et pour stimuler la production de feuilles. Taillez la menthe dès qu’elle commence à déborder de son pot ou à prendre trop de place. Une menthe taillée régulièrement est aussi plus aromatique, ce qui renforce son effet répulsif.

Les autres plantes à associer avec la menthe et le basilic pour un potager zéro nuisible

Si vous souhaitez aller plus loin dans la logique du compagnonnage, voici quelques associations complémentaires qui fonctionnent bien avec la menthe et le basilic :

PlanteNuisibles repoussésCompatible avec menthe/basilic
LavandePucerons, mites, moustiquesOui (en pleine terre)
CiboulettePucerons, acariensOui
Tagète (œillet d’Inde)Nématodes, mouches blanchesOui
RomarinMouches des carottes, puceronsOui (sol bien drainé)
AnethPucerons, acariensOui (mais éloigné du basilic)

À noter que l’aneth et le basilic ne font pas toujours bon ménage en termes de saveur quand ils sont cultivés trop proches l’un de l’autre : certains jardiniers estiment que l’aneth peut influencer le goût du basilic. Mieux vaut les tenir à une certaine distance tout en les incluant dans le même espace de jardin.

Les limites du compagnonnage : ce qu’il ne faut pas surestimer

Le compagnonnage végétal est une pratique ancienne et globalement efficace, mais il serait malhonnête de prétendre qu’il constitue une solution miracle contre tous les nuisibles. Les effets répulsifs de la menthe et du basilic sont réels mais limités dans l’espace : ils agissent surtout dans un rayon proche des plantes, et leur efficacité dépend aussi des conditions climatiques, de la densité de plantation, et de la pression parasitaire dans votre jardin.

En cas d’infestation importante de pucerons ou d’aleurodes, le compagnonnage seul ne suffira pas. Il faudra compléter avec d’autres méthodes naturelles comme le savon noir dilué, le purin d’ortie, ou l’introduction d’insectes auxiliaires comme les coccinelles ou les chrysopes, qui sont de redoutables prédateurs de pucerons.

La menthe et le basilic ensemble constituent néanmoins un premier rempart naturel, économique et odorant qui mérite pleinement sa place dans tout jardin ou potager qui cherche à réduire sa dépendance aux traitements chimiques. Avec la bonne technique de plantation et un minimum d’organisation, cette association peut vous rendre de véritables services tout au long de la saison.

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Rédigé par Joris

Joris se distingue en tant que Rédacteur Société, explorant les enjeux sociaux contemporains avec une plume perspicace. Il est déterminé à mettre en lumière des histoires captivantes et à stimuler la réflexion autour des questions cruciales de notre époque. Joris offre une voix dynamique à Respect Mag.

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