| HUMEUR |
Depuis plus d'une semaine, la Toile s’indigne. Normal, le magazine « Elle » nous a offert un papier des plus pertinents. Pour résumer, on y apprend que les Noirs ont découvert la mode avec l'élection d'Obama. Oui, oui : "la ‘black-geoisie' a intégré tous les codes blancs..." (...) "le chic est devenu une option plausible pour une communauté jusque là arrimée à ses codes streetwear" !
Paru le 13 janvier, l'article est publié sur Elle.fr dix jours plus tard. Tollé. Indignation. En quelques jours, l’article fait le tour du Net et traverse l’Atlantique. Plusieurs milliers d'internautes protestent.
Chez « Elle », on n'entend pas, on comprend pas, on réagit pas. Et on finit même pas supprimer le papier incriminé («Oups! Cette page n'existe pas»! ). Il a fallu qu'Audrey Pulvar dénonce l'affaire sur France Inter pour que la directrice de THE magazine féminin français sorte de sa tanière.
27 janvier, direction le plateau du Grand Journal sur Canal+ où Valérie Toranian est invitée à débattre face à Audrey Pulvar. Elle exprime ses regrets et assure que «cet article était fait pour tout sauf pour être malveillant, il était plein de bonnes intentions»… De la bienveillance? Mais c'est pire !
Depuis, la rédaction a rencontré le collectif Anti-négrophobie puis deux journalistes du webzine Afrosomething, afin de s'excuser et «comprendre ce qui les a profondémment choqué». Tout est bien qui finit bien ? Pas tout à fait...
Ce que Sylvia Jorif, chef des infos au service mode, qualifie de «maladresse» n'est pas une première pour le magazine. Comme le souligne l'humoriste Souria Adèle dans son spectacle Marie-Thérèse Barnabé Négresse de France, en 1999, « Elle » publiait déjà un article garni en clichés intitulé « Le nouveau Black Power ». «D'où leur vient cette passion pour la belle sape?» interrogeait Sylvia Jorif à propos du look des "Black people". Vincent Grégoire, expert ès tendance, affirmait:
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"Comme toute minorité, les Blacks, surtout aux Etats-Unis, ont besoin de se démarquer. Ils ont choisi les vêtements comme signe extérieur de richesse. Et comme moyen d'exister. Ils veulent une place, qu'ils expriment par la rébellion ou la provocation. Ils ont besoin d'opulence, d'affection à outrance". (ELLE N° 2807 - 18 octobre 1999)
avant de conclure :
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"Pour accéder au pouvoir les Blacks ont choisi le look. Ils ont une culture du vêtement. Ils s'amusent, théâtralisent, innovent. Pour eux, la mode est toujours décorative, jamais fonctionnelle. Ils sont "snobs". (ELLE N° 2807 - 18 octobre 1999)
Un rien réducteur ? Voire affligeant ? Il est grand temps qu'« Elle » ouvre les yeux. Il ne suffira pas d'afficher des Noir(e)s en couverture pour faire passer la pilule. Il va falloir diversifier vos équipes, mesdames et se former aux réalités de la société française. Parce qu'en 2012 (et en 1999 c'était déjà le cas) c’est pas possible d'écrire des bêtises pareilles! À bon entendeur...
























