L’olivier est un arbre qui fascine depuis des millénaires.
On le retrouve dans les paysages méditerranéens depuis plus de 6 000 ans, et il continue aujourd’hui de séduire les jardiniers amateurs comme les professionnels.
Ce qui est remarquable avec cet arbre, c’est sa capacité à vivre des siècles, voire des millénaires, tout en continuant à produire des fruits.
Certains spécimens en Grèce et en Tunisie dépassent les 2 000 ans d’âge.
Planter un olivier dans son jardin, c’est donc bien plus qu’un simple acte de jardinage : c’est presque un investissement sur plusieurs générations.
Mais pour qu’il prospère vraiment, il faut comprendre ses besoins, respecter ses exigences et lui accorder quelques soins réguliers.
Choisir le bon emplacement pour planter un olivier
L’olivier est un arbre du soleil. Il lui faut un ensoleillement maximal, idéalement plus de 6 heures de lumière directe par jour. Un emplacement exposé au sud ou au sud-ouest est donc fortement recommandé. Il supporte mal l’ombre et les zones trop humides, qui favorisent le développement de maladies fongiques à son pied.
Concernant le type de sol, l’olivier n’est pas difficile à ce niveau-là. Il s’adapte à des sols pauvres, calcaires, sableux ou rocailleux. Ce qu’il ne tolère absolument pas, en revanche, c’est l’excès d’eau. Un sol argileux et compact qui retient l’humidité peut littéralement tuer l’arbre en quelques saisons. Si votre terrain est de ce type, il faudra prévoir un drainage efficace avant la plantation.
En ce qui concerne la résistance au froid, l’olivier peut supporter des températures descendant jusqu’à -10°C ou -12°C pour les variétés les plus robustes, comme l’Arbequina ou le Picholine. En dessous, les dégâts peuvent être irréversibles. Si vous habitez dans une région aux hivers rigoureux, il est possible de cultiver un olivier en pot et de le rentrer dans un local hors gel pendant les mois les plus froids.
La plantation de l’olivier : quand et comment procéder
La période idéale pour planter un olivier en pleine terre se situe au printemps, entre mars et mai, lorsque les risques de gel sont écartés. On peut planter en automne dans les régions à climat doux, mais il faut s’assurer que l’arbre aura le temps de s’enraciner avant les premières gelées.
Les étapes de la plantation
- Creusez un trou deux fois plus large et deux fois plus profond que la motte de l’arbre.
- Disposez une couche de graviers ou de billes d’argile au fond du trou pour favoriser le drainage.
- Mélangez la terre extraite avec du sable grossier et un peu de compost bien décomposé.
- Placez l’arbre dans le trou en veillant à ce que le collet soit au niveau du sol, ni trop enfoncé ni trop surélevé.
- Comblez le trou avec le mélange préparé, tassez légèrement et arrosez abondamment.
- Formez une cuvette autour du tronc pour faciliter les arrosages à venir.
Si vous plantez un olivier en pot, choisissez un contenant d’au moins 50 à 60 cm de diamètre avec des trous de drainage au fond. Utilisez un substrat drainant composé de terreau pour arbres fruitiers mélangé à du sable ou de la pouzzolane.
L’arrosage de l’olivier : moins c’est souvent mieux
L’olivier est un arbre qui s’est adapté à la sécheresse au fil des millénaires. Une fois bien installé en pleine terre, il n’a généralement pas besoin d’être arrosé, sauf lors de périodes de sécheresse prolongée. Durant les deux premières années suivant la plantation, un arrosage régulier reste nécessaire pour aider l’arbre à s’enraciner correctement.
Pour un olivier en pot, la situation est différente. Le substrat se dessèche plus rapidement et il faudra arroser régulièrement entre mai et septembre, environ une fois par semaine, en laissant le sol sécher en surface entre deux arrosages. En hiver, les arrosages doivent être très réduits, voire supprimés si l’arbre est à l’abri.
Un excès d’eau est bien plus dangereux pour l’olivier qu’un manque. Les racines asphyxiées par l’humidité sont une porte d’entrée idéale pour les champignons pathogènes comme le Verticillium dahliae, responsable du dépérissement de l’arbre.
La taille de l’olivier : une étape essentielle
La taille est sans doute l’opération la plus importante dans l’entretien d’un olivier. Elle conditionne à la fois la forme de l’arbre, sa santé et sa productivité. On distingue principalement deux types de taille.
La taille de formation
Elle se pratique durant les premières années de l’arbre pour lui donner une structure équilibrée. L’objectif est de sélectionner deux ou trois charpentières principales qui partiront du tronc et constitueront le squelette de l’arbre. On supprime les branches qui se croisent, celles qui poussent vers l’intérieur et les gourmands qui apparaissent au pied du tronc.
La taille d’entretien
Elle se pratique chaque année ou tous les deux ans, idéalement au printemps, après les dernières gelées. L’objectif est d’aérer la couronne pour que la lumière pénètre bien à l’intérieur de l’arbre, ce qui favorise la fructification. On retire les branches mortes, les branches qui se chevauchent et on réduit les pousses trop vigoureuses qui déséquilibrent la silhouette.
Une règle souvent citée par les oléiculteurs méditerranéens dit qu’un oiseau doit pouvoir traverser la couronne d’un olivier sans toucher une seule branche. C’est une image qui résume bien l’idée d’une taille aérée et lumineuse.
Après chaque coupe, il est conseillé de désinfecter les outils et d’appliquer un mastic cicatrisant sur les plaies de taille importantes pour éviter les infections.
La fertilisation : des apports modérés et ciblés
L’olivier n’est pas un grand consommateur d’engrais. Dans un sol naturellement riche, il peut très bien se passer de fertilisation. Dans un sol pauvre ou pour un arbre cultivé en pot, des apports modérés sont cependant bénéfiques.
- Au printemps : un apport d’engrais riche en azote pour soutenir la reprise végétative et favoriser la croissance des nouvelles pousses.
- En été : un apport de potassium pour améliorer la qualité des fruits et renforcer la résistance de l’arbre à la sécheresse.
- En automne : un apport de phosphore pour favoriser le développement racinaire avant l’hiver.
Le compost bien décomposé reste la meilleure option pour fertiliser un olivier de manière naturelle. On l’épand autour de l’arbre, à distance du tronc, en l’incorporant légèrement au sol. Évitez les engrais trop riches en azote qui favorisent une croissance excessive au détriment de la fructification.
Les maladies et ravageurs les plus courants
L’olivier est un arbre relativement résistant, mais il n’est pas à l’abri de certains problèmes sanitaires qu’il vaut mieux connaître pour agir rapidement.
| Problème | Symptômes | Solution |
|---|---|---|
| Œil de paon (Spilocaea oleagina) | Taches circulaires jaunes puis brunes sur les feuilles | Traitement à base de bouillie bordelaise au printemps et en automne |
| Mouche de l’olive (Bactrocera oleae) | Larves dans les olives, fruits piqués et tombés | Pièges à phéromones, kaolin en poudre sur les fruits |
| Verticilliose (Verticillium dahliae) | Dépérissement brutal de branches entières | Améliorer le drainage, supprimer les parties atteintes |
| Cochenilles | Dépôts blanchâtres ou bruns sur les rameaux | Huile de neem ou savon noir dilué |
La récolte des olives : le moment de la récompense
Un olivier commence à produire des fruits à partir de 4 à 7 ans après sa plantation, selon la variété et les conditions de culture. La récolte a lieu en automne, généralement entre octobre et décembre selon les régions et les variétés.
Pour les olives destinées à être consommées en olives de table, on les cueille encore vertes, avant complète maturité. Pour la production d’huile d’olive, on attend que les fruits commencent à virer au violet ou au noir, signe d’une teneur en huile maximale.
La méthode de récolte la plus douce consiste à étaler des filets sous l’arbre et à peigner les branches avec les doigts ou un râteau spécial pour faire tomber les olives sans les abîmer. On évite de les laisser tomber naturellement sur le sol, ce qui accélère leur fermentation et détériore la qualité de l’huile.
Après la récolte, un arrosage et une légère fertilisation aideront l’arbre à récupérer et à préparer la prochaine saison de production. L’olivier a tendance à alterner les années de forte et de faible production, un phénomène naturel appelé alternance que la taille et la fertilisation permettent de limiter sans jamais l’éliminer totalement.

