Sur Twitch, le streaming gagne en sororité

Crédit : Andre Hunter / Unsplash
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Face au sexisme et au racisme, des communautés comme Stream’Her ou Afrogameuses mettent en avant la diversité des streameuses et font bloc pour proposer une nouvelle vision du gaming sur Twitch.

Tu joues en mode facile, c’est parce que t’es une fille“, “Qu’est-ce que tu fous là ? Va faire du mafé” : ces réflexions sexistes et racistes, Chloé et Jennifer les ont déjà subies. Les deux jeunes femmes gravitent dans l’univers du jeu vidéo, via notamment Twitch, une plateforme de diffusion de vidéo en direct. 

J’ai d’abord été vieweuse sur Twitch, et j’avais du mal à trouver des femmes qui faisaient du contenu” se rappelle Chloé. D’autant qu’être une femme sur Twitch est encore associé à beaucoup de stéréotypes et de remarques sexualisantes : “pleins de gens pensent qu’elles misent sur la misère sexuelle” soupire Chloé. “En tant que femme noire, j’ai  constaté le manque de représentation de femmes qui me ressemblent. J’avais l’impression d’être une anomalie dans ce milieu-là” se rappelle Jennifer Lufau.

Au départ, j’ai décidé de créer Afrogameuses pour retrouver d’autres femmes noires qui portent un intérêt au jeu vidéo” explique Jennifer Lufau. De son côté, début 2020, Chloé lance Stream’Her, une communauté par et pour les streameuses. Pour ces deux communautés, le but est de mettre en avant les personnes sous-représentées dans le monde du jeu vidéo et du streaming, et de promouvoir leur inclusion.

S’entraider, partager, échanger pour streamer en paix

Depuis octobre 2020, Afrogameuses est constituée en association, et permet de valoriser d’autres profils dans le milieu du streaming : “On met en avant les filles afro qui streament,  on les met en avant sur nos réseaux, on recense les profils. On essaye de montrer que ces créatrices de contenus sont là, mais qu’elles ne sont pas forcément visibles” détaille Jennifer Lufau. Via un serveur Discord, les 250 membres s’entraident pour la modération de leurs lives ou pour soutenir les nouvelles streameuses. “On se donne des astuces, des conseils sur le matériel, sur comment réagir face à un harceleur…” ajoute la présidente d’Afrogameuses. 

Du côté de chez Stream’Her, Chloé comptabilise 450 participantes sur le serveur Discord de la communauté : un outil qui leur permet d’échanger, de partager et de s’entraider. “On a des filles qui aimeraient streamer mais qui n’osent pas passer le cap : c’est un endroit pour poser ses questions, se renseigner, pour ne pas avoir peur de partir dans le vide” explique la streameuse de 24 ans. En parallèle, leur site internet vise à mettre en avant les créatrices de contenus, avec par exemple la streameuse de la semaine. “On met en avant ce que les filles font, et on essaye de montrer la diversité sur Twitch” ajoute Chloé.

Pour 2021, l’objectif de ces communautés de streameuses est de s’agrandir, mais aussi de continuer à dénoncer les attaques sexistes, racistes, LGBTphobes présentes sur Twitch. “On veut mettre en lumière ces agissements qui sont anormaux et dont on ne parle pas suffisamment. Si une communauté comme la nôtre ne sort pas pour dénoncer, personne ne le fait” affirme Jennifer Lufau.


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