Quand la mode bouscule les codes du genre

Crédit : Pourquoi princesse
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La marque de vêtement pour enfants Pourquoi princesse, a été créée par la Française Murielle Sitruk et l’Américaine Laura Drewett. Avec ses robes imprimées dinosaures et ses combinaisons d’astronautes, cette jeune marque bouscule les codes du genre et s’est donné pour mission de contribuer à changer des représentations au service de l’égalité. Murielle Sitruk est juriste en droit de la propriété intellectuelle de formation. Elle partage son parcours d’entrepreneuse et sa façon de surmonter le syndrome d’imposture qui s’invite régulièrement dans son quotidien.

Murielle Sitruk, cofondatrice de Pourquoi princesse

Comment est née l’idée de la marque Pourquoi Princesse ?

L’idée est venue de Laura, qui a pris conscience, à la naissance de ses enfants, de la nature genrée des vêtements. Le rose, les paillettes et les licornes étaient réservés aux filles, les dinosaures et les fusées aux garçons. Insidieusement le vêtement contribue à maintenir des représentations des genres issues du système patriarcal. Nous avons cassé les codes en créant des robes imprimées avec des dinosaures, et des T-Shirts imprimés avec des mots associés aux garçons comme le courage ou l’aventure. Notre entreprise a vraiment pour mission de lutter contre les stéréotypes de genre pour faire avancer l’égalité homme-femme, et notre levier, c’est la mode enfantine.

Quel a été votre parcours d’entrepreneuse ?

Aujourd’hui, j’exerce un métier pour lequel je n’ai pas été formée. J’ai commencé dans le droit, avant de travailler dans le conseil en communication auprès de grandes marques comme Natalys. J’ai monté plusieurs entreprises avant de rejoindre l’aventure Pourquoi Princesse. C’est une rencontre initiée par une amie commune avec Laura, qui vit à Marseille, une ville dont je suis originaire, qui a débouché sur cette aventure. C’est elle qui m’a éveillée au sujet des représentations de genre et de leur impact sur la vie des petites filles et de leurs choix d’avenir. Aujourd’hui, j’anime aussi des conférences en ligne en lien avec ces sujets. Je reçois des femmes inspirantes qui nous éclairent sur leur vision, leur expérience et les enjeux féministes du moment.

Comment s’est manifesté le syndrome d’imposture dans votre parcours ?

Je me suis dirigée dans la communication de manière empirique, car je suis passionnée par ce sujet. Quand j’ai commencé à conseiller des marques, le syndrome d’imposture m’a envahie. Cela m’a conduite à chercher la perfection, avec la peur certainement irrationnelle d’être découverte. Je crois que l’origine de notre manque de confiance en nous, hommes ou femmes, vient en partie du système éducatif français, qui met l’accent sur les erreurs, au lieu de valoriser les réussites. La croyance qu’on ne sera jamais assez à la hauteur s’enracine très tôt. Les femmes sont encore plus soumises aux injonctions à la réussite, car pendant longtemps, nous n’avons pas eu l’espace pour créer ou partager nos idées. Pour dépasser mon syndrome d’imposture, je m’inspire des autres femmes, celles du passé, je pense en particulier à une femme de ma famille, aujourd’hui décédée, et celles d’aujourd’hui que je rencontre et qui me donnent l’envie d’avancer grâce à leur énergie comme la comédienne Noémie Delattre, Lennie STERN, fondatrice de Folks Theory, ou encore Mercedes Erra, fondatrice de BETC.


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