Marie-Amélie Le Fur : une femme en or

Amputée de la jambe gauche, Marie-Amélie Le Fur est devenue championne du monde d'athlétisme et multiple médaillée aux Jeux paralympiques de Londres, Pékin et Rio.
© EDF / KMSP
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Publié le 16 novembre 2016 et mis à jour le 23 août 2021.

Les Jeux paralympiques débutent ce mardi 24 août à Tokyo, l’occasion de revenir sur notre rencontre avec Marie-Amélie Le Fur, une athlète d’exception qui tentera de glaner de nouvelles médailles sur les pistes japonaises. Championne du monde Handisport, médaillée aux Jeux paralympiques de Pékin, Londres et Rio, et Chevalier de la légion d’honneur, le parcours de Marie-Amélie Le Fur laisse rêveur. Pourtant, tout n’a pas été simple pour la native de Vendôme. Portrait de cette jeune femme unijambiste qui a toujours couru après le chrono.

Elle court, elle court, Le Fur ! Depuis l’âge de six ans, Marie-Amélie foule les pistes synthétiques en quête de médailles. Après une performance remarquée sur 1000 mètres en 2003 (4e meilleure Française), sa carrière décolle jusqu’à ce qu’un grave accident de scooter la prive de sa jambe gauche, un an plus tard : « Je souffrais et savais que je n’allais jamais pouvoir marcher comme avant. L’amputation a été un soulagement. On m’a retiré cette douleur et permis de vivre normalement. J’ai également su que j’allais pouvoir continuer le sport ».

Quatre mois après son amputation, elle retrouve les pistes. Et ce, malgré les réticences du corps médical, préconisant une bonne année d’adaptation avant de recourir : « J’avais la chance d’être jeune et donc de cicatriser rapidement. Ma force de caractère m’a également permis de me relever plus vite de cette épreuve ».

La renaissance d’une championne

Marie-Amélie reprend la compétition et obtient son premier titre en 2005, avec un sacre de championne de France du 200 mètres, et à la clé, un record national. Quelques mois plus tard, non satisfaite de sa suprématie nationale, elle se confronte aux meilleures du monde. Elle devient championne du monde jeune du combiné 100m-200m puis du 800m avec, là encore, un record mondial.

Les médailles s’enchainent : Pékin, Londres, Christchurch, Rio… Ses performances et son parcours inspirent le respect. A tel point qu’elle est faite Chevalier de la légion d’honneur en 2013.

En parallèle à ses exploits sportifs, celle qui a toujours rêvé de devenir sapeur-pompier a occupé de nombreuses fonctions. Chez EDF, en tant que pilote d’affaire conduite au changement : « Un poste un peu compliqué dans l’intitulé mais simple en réalité, s’amuse-t-elle à dire, j’essaye de trouver des solutions pour que les équipes d’EDF (à la Centrale nucléaire de Saint-Laurent-des-Eaux, ndlr) évoluent dans les meilleures conditions ». Mais aussi au Comité paralympique et sportif français dont elle est la présidente ou au Comité des athlètes de Paris 2024 qu’elle copréside avec Teddy Riner.

L’octuple médaillée paralympique ne compte pas s’arrêter là, et espère ramener encore quelques médailles de Tokyo. C’est en tout cas le message qu’elle a souhaité faire passer en début d’année, lors du Grand Prix de Dubaï, où elle a battu son propre record du monde avec un saut à 6,14 mètres lors du concours du saut en longueur.


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