“Les mécanismes de l’emprise sont complexes”

Crédit :Céline Nieszawer Flammarion
  •  
  •  
  •  
  •  

Dans son premier roman, La femme que nous sommes, Emma Deruschi met en lumière les mécanismes de la violence conjugale et de l’emprise à travers l’histoire d’Élisa, une jeune kiné maman d’une petite fille de trois ans, mariée à Loïc dont elle subit les humiliations en silence. Une histoire que l’on découvre à travers le regard d’un chœur de personnages féminins. Interview.

Comment est née l’idée de ce livre ?

Emma Deruschi : J’ai commencé à écrire l’histoire d’Élisa en 2019, parce que j’étais heurtée par la violence systémique subie par les femmes. C’est une fiction qui résonne avec des histoires réelles d’emprise et de violences conjugales. Je me suis inspirée de toutes ces micro-violences que les femmes subissent dans leurs couples. De nombreux hommes pensent encore que leurs femmes leur appartiennent, et qu’ils ont un droit de regard sur leurs existences, sur leurs relations. Dans mon roman, Loïc, le mari d’Élisa, incarne un cas extrême de cruauté et de manipulation. Je voulais montrer que ce type de comportement se retrouve dans tous les milieux sociaux, et c’est ce qui en fait un problème systémique.

“Il est urgent de soutenir les femmes”

C’est aussi un roman choral….

Oui, je voulais mettre en avant une diversité de regards de femmes proches d’Élisa, pour montrer les différents visages du déni, du silence mais aussi de la solidarité. On sait sans savoir, on ne pose pas de questions par pudeur. Il ne s’agit pas de culpabiliser l’entourage mais de montrer à quel point il est urgent de se saisir de ce sujet, de ne plus fermer les yeux. Le roman choral était important pour moi. Et puis, je crois que les institutions ne sont pas assez aux côtés des femmes, pour mettre à distance un mari violent. Parfois la dépendance économique empêche les femmes de se sauver de situations dangereuses. Le déni est collectif. Il est urgent de soutenir les femmes et de les aider à se sauver elles-mêmes.

Que signifie ce titre : La femme que nous sommes ?

La femme que nous sommes est un titre un peu ironique dans le sens, où je ne crois pas en “la” femme, mais bien à une diversité de femmes, et d’histoires. Pour autant, les femmes peuvent se sentir solidaires dans la sororité, car ce qui peut arriver à l’une peut arriver aux autres. Les mécanismes de l’emprise sont complexes, insidieux. Ce livre ne raconte pas l’histoire de toutes les femmes, mais je l’espère sensibilise à un enjeu de société autour des mécanismes de la violence conjugale.

La femme que nous sommes, d’Emma Deruschi (Flammarion) – 18 €  


  •  
  •  
  •  
  •  
Written By
Autres articles de Sandra Coutoux
Pour la Saint-Valentin, optez pour les amours plurielles avec le film “Lutine”
9   Dans “Lutine”, en salles le 4 avril, la réalisatrice Isabelle Broué vante...
Lire la suite
Leave a comment

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.