En 2020, le plaidoyer de lutte contre le VIH, plus que jamais d’actualité

Crédit : Claudio Schwartz / Unsplash
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En 2019, le GROUPE SOS rendait public son plaidoyer de lutte contre le VIH. Avec la crise sanitaire, les enjeux d’accès au soin n’ont jamais été aussi importants.  

La précarité fait le lit de l’épidémie” : cette phrase, inscrite dans le plaidoyer du Groupe SOS de lutte contre le VIH, résonne plus que jamais après une année de crise sanitaire. Pour Nicolas Derche, directeur régional au sein du Groupe SOS sur le pôle santé communautaire et lutte contre les discriminations et directeur des associations Arcat et du Kiosque Infos Sida, précarité et discriminations “sont des freins à l’accès au soin et aux parcours de santé“. À travers trois propositions fortes, ce plaidoyer vise à répondre à l’objectif de l’ONUSIDA de zéro nouvelles contaminations pour 2030.  

Tout d’abord, créer des centres de santé communautaire proposant une offre de soins globale à destination des personnes LGBTQ+. “La communauté LGBTQ+ subit des discriminations dans le système de santé, et qui sont des freins de recours au soin“, explique Nicolas Derche. Jugements, remarques intrusives, voire refus de soin : le plaidoyer préconise la création de structures qui intègrent la santé sexuelle au sein de la médecine générale. “L’approche communautaire permet d’adapter les actions et offres de santé aux réels besoins des personnes, et d’avoir une approche inclusive sans jugement” ajoute-t-il.  

Ensuite, le développement des programmes de prévention à destination des populations migrantes reposant sur les principes de santé communautaire. Près de la moitié des personnes migrantes subsahariennes vivant avec le VIH en France l’ont contracté après leur arrivée, en raison de la précarité de leurs conditions de vie. “Quand on a des obstacles d’accès aux administrations, au logement, aux soins, on n’est pas en capacité de prendre soin de sa santé“, déplore Nicolas Derche. Avec la crise sanitaire, beaucoup de migrant.e.s sans titre de séjour ou d’autorisation de travail ont perdu leur activité non déclarée qui leur permettait de survivre. “Ce sont des personnes qui n’ont pas bénéficié de la solidarité nationale et dont la situation s’est dégradée“, ajoute le directeur régional.  

Enfin, le plaidoyer souhaite une révision de la loi prostitution de 2016 pour protéger et accompagner les travailleur.se.s du sexe, dont la situation est préoccupante depuis la crise sanitaire. La loi de 2016, qui pénalise les clients, a précarisé les travailleur.se.s du sexe, leur laissant moins le choix des clients, les exposant davantage aux violences et les éloignant des lieux habituels du travail du sexe et des actions des associations. “Le Covid et les confinements ont entraîné une réduction, voire une disparition de leurs ressources, mais aucun mécanisme de solidarité pour compenser“, détaille Nicolas Derche. Pour certain.e.s, on observe même des basculements vers la grande précarité.  

Face à ces enjeux, l’objectif du zéro contamination pour 2030 est-il encore possible ? “Il y avait un rythme qui était en train de se mettre en place, et notamment sur le dépistage. On essaye de rattraper le retard, mais la crise sanitaire aura forcément un impact“, constate Nicolas Derche. À ce titre, le plaidoyer du Groupe SOS est un véritable appui de propositions concrètes vis-à-vis des décideurs publics ou des ministères.

>> Lire le plaidoyer du Groupe SOS <<


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