Présidentielle : le piège du « vote utile » ?

 
Le « vote utile », on en entend beaucoup parler, mais au fond quelle est sa définition ? Réponse en vidéo, où nous avons posé la question à des citoyens et au politologue Thomas Guénolé.

« Depuis plus de vingt ans, prôner le vote utile revient à présenter les deux partis dominants en remparts contre une extrême droite dont leurs choix successifs et concordants ont favorisé l’envol. Aujourd’hui, estime Benoît Hamon, le projet d’Emmanuel Macron, c’est le marchepied du Front national. Mais, réciproquement, la puissance du FN a affermi le monopole du pouvoir de ses adversaires, socialistes compris ». Joliment résumé, Serge Halimi, le rédacteur-en-chef du Monde diplomatique pose aussi cette question dans le numéro d’avril 2017 : « Et cette fois encore, le piège du vote utile ? »

Rarement une campagne présidentielle en France n’aura déchaîné autant de pensées, de camps et de projets différents pour la France. En soi, c’est plutôt réjouissant non ? Ce serait peut-être le cas si le débat avait pu véritablement s’installer, au lieu d’offrir aux Français une campagne de communication teintée d’affaires judiciaires. La question qu’il est légitime de se poser, aujourd’hui, c’est est-ce que les Français croient encore à la menace Front national ? Sont-ils prêts à continuer de voter pour des gros candidats quand leur cœur pourrait balancer pour un « petit » candidat ?

Le vote utile, nous le connaissons surtout depuis 2002. Pourtant, il existe depuis 1981, conséquence des manœuvres politiques de François Mitterrand, qui, avec la proportionnelle, faisait entrer le FN dans l’arène. Après tout, n’est-ce pas aussi faire le jeu de la démocratie ? Cette question fait encore vibrer bien des débats entre amis ou en famille. Encore faut-il définir un peu plus cette notion de « vote utile ».
 

 

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