Comment se libérer du syndrome d’imposture ?

Syndrome de l'imposture
Crédit : Imani Bahati / Unsplash
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Peur permanente de l’échec, autodévalorisation, sensation d’être illégitime… Dans la vie professionnelle, les femmes sont souvent touchées par le syndrome d’imposture. La faute à un déficit de confiance, aux injonctions à la performance et à une difficulté à reconnaître ses succès. La bonne nouvelle, c’est qu’on peut apprendre à s’en libérer, comme nous l’explique la journaliste Elisabeth Cadoche-Guez et la psychothérapeute Anne de Montharlot, autrices de Le syndrome d’imposture. Pourquoi les femmes manquent de confiance en elles, publié aux éditions Les Arènes. Entretien.

Comment savoir si on est victime du syndrome d’imposture ?

Ce sentiment de ne pas être à la hauteur ou à sa place touche de nombreuses femmes de tous âges et de tous milieux sociaux. Nous l’avons constaté en réalisant près d’une centaine d’interviews de femmes âgées de 18 à 78 ans. Le manque de confiance crée soit de la procrastination et de l’autosabotage, ou des burn-out parce qu’on ne sent jamais à la hauteur, alors on en fait trop. Ce déficit de confiance en ses compétences trouve son origine dans l’histoire patriarcale, l’enfance, mais aussi dans les injonctions à la performance auxquelles sont soumises les femmes. La bonne nouvelle, c’est que la confiance, ça s’apprend et rien n’est irréversible. Prendre conscience de ses croyances limitantes, comprendre qu’elles sont liées à une construction sociale, une éducation ou à l’histoire des femmes, c’est déjà commencer à s’en libérer.

Comment lutter contre ce sentiment d’illégitimité ?

À titre individuel, on peut s’inspirer de lectures, de films, de personnalités… Le livre de Marie NDiaye, Trois femmes puissantes, par exemple, ou le podcast de Léa Salamé sur les femmes puissantes et même le film I feel Pretty sur Netflix, font partie des ressources inspirantes. L’histoire de l’émancipation des femmes est récente, et nous disposons de peu de modèles de femmes qui sont vraiment actrices de leur vie, qui choisissent leur destin. La série le Jeu de la dame, qui met en lumière une championne d’échecs, a inspiré de nombreuses petites filles à s’inscrire à des clubs. Il s’agit vraiment de s’affranchir de ses limites, d’oser l’audace, et cela passe par de nouvelles représentations de la femme. Pendant des siècles, être une femme, c’était être une épouse et une mère. Aujourd’hui, les luttes féministes ont ouvert des portes, mais les limites sont ancrées dans nos esprits. Proposer une diversité de parcours, de leadership au féminin, cela permet d’élargir le champ des possibles.

Vous dites aussi que les mots ont du pouvoir et qu’il faut en prendre conscience…

Oui, il est facile de se dévaloriser, de minimiser ses réussites, de ne pas reconnaître ses talents… La confiance en soi se nourrit d’une attitude bienveillante envers soi. C’est la première étape. C’est pour cela que nous conseillons de tenir une sorte de journal positif qui célèbre les réussites. Nous vivons une période passionnante et nous croyons aussi au pouvoir des mots, des livres pour éveiller les femmes et les hommes aux enjeux de l’équité entre les sexes. Aujourd’hui, les femmes ont besoin de reconnaître leurs forces, leurs talents, pour sortir de la dépendance au regard extérieur et forger leur propre destin.


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