Affaire Mila : prison avec sursis pour les cyberharceleurs

Crédit : Jonas Leupe-Unsplash
  •  
  •  
  •  
  •  

Des peines de 4 à 6 mois de prison avec sursis ont été prononcées ce mercredi 7 juillet à l’encontre de 11 personnes reconnues coupables de harcèlement en ligne envers Mila. Cette adolescente qui vit toujours aujourd’hui sous protection policière avait déchaîné un raid numérique après ces propos sur l’Islam, dans une vidéo publiée sur Tik Tok en novembre 2020.

« On a gagné et on gagnera encore. Je ne veux plus jamais qu’on fasse culpabiliser les victimes », a affirmé Mila à la sortie du tribunal correctionnel de Paris, à nos confrères de l’AFP. Si les auteurs des messages haineux âgés de 18 à 29 ans ont reconnu à l’audience en être les auteurs, ils ont nié avoir participé à un raid en ligne contre l’adolescente. Un argument que la justice n’a pas retenu, car il semblait difficile de ne pas savoir que Mila avait déjà été menacée en ligne en janvier 2020, après la publication d’une vidéo dans laquelle elle se défend des injures reçues au sujet de son orientation sexuelle en critiquant l’Islam : « Votre religion, c’est de la merde, votre Dieu, je lui mets un doigt dans le trou du cul. » Les menaces de mort l’ont alors contrainte à quitter son lycée et à vivre sous protection policière. En novembre 2020, au cours d’une nouvelle vidéo, l’adolescente s’était attiré une autre vague de menaces en ligne après avoir tenu ces propos : « Surveillez votre pote Allah, s’il vous plaît. Parce que mes doigts dans son trou du cul, j’les ai toujours pas sortis. » Mila a reçu alors, selon son avocat, Richard Malka, « 100 000 messages » haineux.

Cyberharcèlement : que dit la loi ?

C’est la fréquence des propos et leur teneur insultante, obscène ou menaçante qui constitue le harcèlement défini par la loi du 3 août 2018. Le cyberharcèlement de meute, aussi appelé « raid numérique », y est défini. L’infraction est constituée lorsque les propos ou message injurieux sont « imposés à une même victime par plusieurs personnes, de manière concertée ou à l’instigation de l’une d’elles  ». D’une manière plus générale, le cyberharcèlement, les messages injurieux, les photomontages blessants ou encore les menaces par mail ou sur les réseaux sociaux sont punis par loi. Les cyberharceleurs mineurs s’exposent à une peine de 18 mois de prison et de 7 500 € d’amende si la victime est aussi mineure. Si l’auteur est majeur, il risque jusqu’à trois ans de prison, et 45 000 euros d’amende si la victime à moins de 15 ans. La mise en ligne d’images intimes d’une autre personne sans son consentement est un délit passible d’une peine de deux ans de prison et 60 000 € d’amende.


  •  
  •  
  •  
  •  
Written By
Autres articles de Sandra Coutoux
10 choses à savoir sur la pratique féminine du foot pendant la Coupe du monde
    Les Bleues vont tenter de gagner leur première étoile. Où en est...
Lire la suite
Leave a comment

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.