Les médias de proximité : un enjeu pour éviter l’égarement médiatique

médias de proximité

L’engagement citoyen et l’appartenance républicaine sont des sujets particulièrement actuels pour les jeunes générations actives ou en âge de l’être. En, effet, les jeunes de 18 à 30 ans sont des générations « charnières » et « réactives ».

Charnières en ce qu’elles sont généralement en phase avec les tendances sociétales et culturelles, les nouvelles technologies, les modes contemporains de communication. En ce qu’elles sont une sorte de « trait d’union » entre les populations très jeunes pas encore autonomes et celles qui sont déjà, en principe, engagées dans leur vie.

Réactives car elles sont sensibles au poult de la société, engagées et, très souvent, enthousiastes. Ainsi, un événement peut les mobiliser, une tendance les démoraliser ou au contraire les galvaniser.

Les conditions dans lesquelles l’engagement citoyen et le sentiment d’appartenance républicaine peuvent être favorisés reposent notamment dans la place des médias dans la société, la place des médias dans le quotidien de ces générations, et enfin la place de ces jeunes dans les médias.

En effet, les français sont très attachés à la liberté d’expression comme cela a pu être démontré le 11 janvier dernier, ainsi qu’à la presse en particulier et aux médias en général. L’enjeu qui se dessine alors est celui de la relation des jeunes issus de milieux sociaux défavorisés avec les médias. Ces derniers peuvent être divisés en deux principales catégories : les médias traditionnels (audiovisuels, presse, presse en ligne) et les médias indépendants (associatifs, de proximité, engagés).

Les médias traditionnels représentent la part très majoritaire des audiences, ils jouent donc un rôle essentiel dans cette relation. Il s’avère que nous constatons chaque jour la difficulté de ces éditeurs à traiter des actualités de ces populations, de leurs quartiers, de leurs coutumes, de leurs cultures sans tomber dans les préjugés et les clichés. De plus, le réflexe informatif guidé par la course aux audiences fait le plus souvent la priorité aux faits divers plutôt qu’à une information positive, constructive ou didactique. Ces médias représentant l’essentiel des audiences, ils contribuent à l’image de ces populations dans la société et donc à leur place dans la République. Dans le même temps, les populations concernées sont de facto « classées » dans une catégorie exclue du système médiatique dans leur réelle diversité.

Les médias indépendants de proximité sont quant à eux plus diversifiés, davantage ancrés dans des territoires et généralement plus proches de la réalité de leurs cibles. Ainsi, une radio de quartier servira de lien social et permettra aux auditeurs de devenir acteurs ponctuels, elle relaiera plus facilement les initiatives locales en portant un regard plus « juste » ou moins « passionné ». Ils sont aussi facteur d’esprit d’entreprise. Mais la faille réside dans le trop faible impact de ces médias dont l’audience est trop souvent marginale et ne permet pas de tirer les bénéfices d’une activité médiatique intense et reconnue.

Les médias jouent un rôle fondamental dans les démocraties modernes : liberté d’expression, information des citoyens, lien social…la question de l’émergence de médias de proximité est un enjeu de société en ce qu’ils peuvent être à la fois des supports (reconnaissance, intégration, partage ..) et des outils (éducation citoyenneté, responsabilisation, initiative..). Un dispositif d’envergure visant à favoriser l’émergence de médias indépendants (radio, web, print..) de proximité afin de dynamiser la vie « politique » des territoires constitue, dans le contexte actuel, un enjeu d’intérêt général. Ce dispositif devrait aussi soutenir et permettre de renforcer les acteurs déjà en place afin de renforcer leur impact.

Accompagner voire favoriser l’émergence de nouveaux médias, quelle que soit la forme, a plusieurs avantages. Cela permet d’abord de nourrir l’entrepreneuriat, l’esprit d’initiative, car ce secteur est particulièrement demandeur d’engagement et de dynamisme pour réussir. Ensuite cela favorise la réflexion collective autour d’un projet de partage, car proposer une offre rédactionnelle c’est partager une vision du monde. Enfin, cela pousse à une plus grande reconnaissance des territoires dans leur diversité car les médias de proximité s’adresse à un territoire proche, qui leur ressemble et qu’ils connaissent, cela fait toute la différence.

Dans une société qui a besoin de toujours plus de repères, la place des médias est essentielle, une vision globale permettrait de mettre en place un vrai grand dispositif national pour éviter qu’une trop grande partie de la jeunesse ne finisse égarée médiatique.


Autre article écrit par Valère Corréard

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