3 bonnes raisons de regarder le documentaire “Une vie d’écart”

Image d'une vie d'écart, le documentaire de Caroline Delage
Une vie d'écart (Canal +) - Crédit : Charlotte Schousboe

Ce soir, à 23 h, sur Canal+, seront diffusés les deux premiers épisodes d’Une vie d’écart, une série-documentaire produite et réalisée par Caroline Delage, qui plonge des enfants de maternelle au cœur d’un Ehpad. 

Dans la série-documentaire Une vie d’écart (qui compte 4 épisodes), une dizaine d’enfants de maternelle rendent visite quotidiennement à des résidents d’un Ehpad, afin d’échanger et de faire des activités avec eux. Le tout, sous l’œil d’experts – gériatre, pédiatre et psychologue – réalisant des tests avant et après l’expérience, pour mesurer l’impact de ce lien intergénérationnel, sur les seniors comme sur les enfants. Nous avons échangé avec la réalisatrice et productrice du programme, Caroline Delage, qui nous en dit plus sur cette rencontre entre des enfants apprenant tout juste à sociabiliser et des personnes âgées qui ont moins de vie sociale. Voici 3 bonnes raisons de regarder Une vie d’écart

Changer de regard sur la vieillesse 

Dans ce reportage, on est très loin de l’image que beaucoup se font de la personne âgée acariâtre, préférant sa tranquillité à la compagnie des autres. En réalité, qu’ils soient parents, grands-parents ou pas, qu’ils vivent en Ehpad ou non, la plupart des personnes âgées souffrent d’isolement et de solitude. « C’est un peu le mal de notre siècle, décrypte Caroline Delage. Notre modèle de société occidentale fait en sorte que les générations sont séparées. »

Et on le voit bien à travers Une vie d’écart, les visages des résidents de l’Ehpad s’illuminent au contact des enfants : « Les résidents ont trouvé beaucoup de réconfort et un réel plaisir à rencontrer les enfants, même s’ils n’étaient pas tous convaincus à l’origine du projet. S’il y a eu un peu de réserve au départ, les barrières sont très vite tombées, parce qu’à 4-5 ans, on est dans la construction du lien social, on a aucun filtre, aucun code, aucun tabou, on va vers l’autre spontanément, même physiquement. Les enfants les touchent, les embrassent, les caressent, des attentions qui manquent beaucoup aux personnes âgées au quotidien. Nous, adultes, on n’ose pas trop toucher l’infirmité, la vieillesse, la peau qui flétrit… Ce n’est pas quelque chose qui nous attire. Alors que les enfants, eux, touchent la peau, disent qu’ils la trouvent douce, ils comptent les tâches… Ils posent des questions que nous n’osons pas non plus poser aux personnes âgées, du type : ’Pourquoi t’es pas encore mort ?‘ Cela ne dérange pas les résidents, bien au contraire. Ce sont des sujets qui font partie de leur vie, donc ce n’est plus un tabou pour eux. Ils sont contents de parler de ça avec les enfants, et d’apporter leur expérience. » 

Comprendre les bienfaits liés aux échanges intergénérationnels  

Au fil des épisodes, le téléspectateur peut se rendre compte des liens qui se créent et qui se renforcent entre les enfants et les personnes âgées. Et tout le monde sort gagnant de cette expérience, comme le constate la réalisatrice : « Durant le documentaire, on voit très bien que le moral des personnes âgées s’améliore continuellement. Ils retrouvent une utilité grâce à ces rendez-vous quotidiens avec les enfants : ils les guident, leur transmettent leur savoir, leur apprennent le jardinage, la cuisine, ils ont un rôle d’accompagnant. C’est très valorisant pour eux. Ils font aussi des progrès physiques sans s’en rendre compte, puisqu’ils bougent sans cesse avec les enfants. Certains se surprennent même à marcher sans déambulateur ou sans canne, alors que d’ordinaire ils en ont besoin. Ils font donc des progrès physiques et psychiques. 

Les enfants aussi évoluent énormément. Ces changements sont constatés par la pédiatre qui supervise l’expérience, par les parents, mais aussi par la maitresse qui est là tous les jours, et qui note des changements de comportement en classe également. Il y a des enfants très turbulents, très dissipés, qui finissent par se canaliser et devenir plus calme. Ils font beaucoup plus attention aux autres. Et, inversement, il y a des enfants qui sont très en retrait, très timide de base qui finissent par s’ouvrir davantage grâce à cette expérience. Ils s’épanouissent au contact des résidents de l’Ehpad, ils prennent confiance en eux et s’affirment davantage dans le groupe. Cela signifie que chaque génération apporte à l’autre, c’est indéniable. » 

Penser à de nouvelles méthodes éducatives 

Après la diffusion d’Une vie d’écart en avant-première, Brigitte Bourguignon, ministre déléguée auprès du ministre des Solidarités et de la Santé, a tenu à féliciter et remercier Caroline Delage pour « ce magnifique projet ». Elle souhaite même développer des partenariats entre des écoles maternelles et des Ehpad autour de projets pédagogiques innovants et porteurs de sens. Le tout, en lien avec le ministre de l’Éducation nationale Jean-Michel Blanquer bien évidemment. De quoi ravir Caroline Delage : « C’est pour cela que je fais des films, pour essayer d’apporter des solutions ou, à minima, d’ouvrir un débat, une interrogation. Je pense que les enfants ont beaucoup de choses à apporter à nous, adultes. Si on se met simplement à leur niveau, c’est-à-dire en respectant leur spontanéité, leur personnalité, leur intégrité, juste en écoutant ce qu’ils ont à nous dire, ils ont beaucoup de choses à apporter à la société. Leur regard, leurs paroles, leur spontanéité sont très instructives. Voilà pourquoi j’aime leur donner la parole. » 

Une vie d’écart, série-documentaire de Caroline Delage diffusée sur Canal +, les mercredis 7 et 14 octobre à 23 heures.


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