“T’es bonne, bébé” : un livre pour apprendre à s’accepter


Juliette Katz, la youtubeuse de Coucou les Girls, vient de publier T’es bonne, bébé. La trentenaire y raconte avec humour et surtout avec beaucoup d’authenticité le long chemin vers l’amour de soi. De l’ado ronde prête à tout pour être intégrée, à la femme aux formes généreuses qui apprend à s’accepter, elle témoigne de son parcours et encourage les femmes (et les hommes) à mieux se connaître. Interview.

Dans ce livre, tu parles beaucoup d’acceptation de soi, de quoi s’agit-il pour toi ?

Juliette Katz : Cela veut dire que c’est important d’apprendre à se connaître, d’être bienveillant avec soi. Si on regarde bien, la plupart d’entre nous sommes très durs avec nous-même. On peut passer notre temps à vouloir se changer pour être plus mince, plus beau, plus intelligent… Et comme on n’arrive pas toujours à atteindre notre idéal, on se met en colère contre soi. Exister devient alors un combat. J’essaie dans ce livre de témoigner de cette lutte et surtout de comment j’ai réussi à l’abandonner pour construire une relation plus apaisée avec moi-même. J’ai été une enfant ronde, et comme tous les enfants joufflus, on m’a insultée – cela arrive à tous les enfants différents. Je reçois encore des messages haineux aujourd’hui, mais j’arrive aujourd’hui à m’en détacher.

Tu parles beaucoup de ce corps, dans lequel tu ne te sens pas toujours à l’aise et que tu essaies d’apprivoiser. Est-ce un livre-manifeste pour le body positivisme ?

Il y a une mode effectivement autour du phénomène body positive. Cela peut aider des personnes à s’accepter, mais cette vision ne convient pas à tout le monde. S’affranchir totalement du regard des autres, reste une démarche difficile. Chacun fait comme il peut. Dans mon livre, j’avais juste envie de témoigner et de partager l’expérience d’autres aussi ( des anonymes et des artistes ) afin de montrer que tout le monde doute de soi.

L’idée était aussi d’apporter des outils à travers quelques exercices à celles et ceux qui ont besoin ou envie de faire le point avec eux -même. J’ai suivi tout un parcours de développement personnel pour assumer la personne que je suis, aujourd’hui, pour l’aimer. Est-ce que je suis toujours heureuse d’avoir ce corps, dans lequel je me sens parfois si lourde ? Pas toujours, mais j’essaie. Sur les réseaux sociaux, c’est difficile de ne pas céder à la pression de la comparaison. J’aime bien utiliser l’humour aussi pour prendre de la hauteur.

Comment le livre a-t-il été accueilli par ta communauté ?

J’ai reçu beaucoup de témoignages positifs. Certains m’ont dit qu’ils avaient appris des choses sur eux-même grâce au livre. En échangeant avec les lecteurs, je constate qu’il y a un réel mal-être dans notre société. Ce livre a pour ambition d’aider les gens à se décomplexer, par rapport à leur corps, à leur sexualité aussi. Je ne me considère pas comme une féministe, mais je vois que ce livre fait du bien aux femmes.

Elles ont besoin de regagné une estime d’elle-même. Il y a une injonction inconsciente qui nous rappelle qu’on est toujours un peu moins bien qu’un homme. En amour, nous sommes nombreuses à faire passer les besoins de l’autre avant les nôtres. Pour être aimée on est prête à accepter des comportements toxiques. En apprenant à regagner l’estime de nous-même, le changement extérieur peut s’enclencher.

Tu racontes comment justement tu as été très dépendante d’un homme marié avant de te libérer de cette relation douloureuse…

J’ai été la maîtresse d’un homme marié pendant huit ans. Mais je ne m’estimais pas assez à l’époque pour croire que je méritais plus d’amour et d’attention que quelques nuits arrachées ici et là. On va parfois vers des personnes qui nous traitent mal, inconsciemment. J’attendais que cet homme change et ce n’est jamais arrivé. C’est moi qui devait changer. Aujourd’hui, je suis en couple avec un homme adorable, je vis une relation saine. Ce n’est pas le type d’homme que je choisissais avant.

J’avais toujours besoin de plaire à des hommes que je trouvais beaux, mais la relation était superficielle. J’ai fait un travail sur moi pour arriver à aimer et être aimée. Cela m’a obligée à sortir de ma zone de confort. Parfois, la souffrance est le seul territoire qu’on connaît, alors par habitude on s’y accroche. Choisir ce qui nous fait du bien demande parfois du courage. Mais ça vaut la peine d’essayer la nouveauté.

Tu parles aussi beaucoup de bienveillance. Cela peut être perçu comme une faiblesse d’âme dans une société dominée par l’esprit de compétition…

On peut croire (à tort, je pense) qu’être bienveillant, c’est être un peu trop bon, trop con. La bienveillance c’est pourtant la clé de l’acceptation. Le jugement enferme. La bienveillance libère. “T’es bonne bébé”, c’est aussi un message pour dire : aime-toi, respecte-toi et ça ira beaucoup mieux. Suis tes propres règles.

C’est pas toujours facile, surtout quand l’entourage est toxique. Mais ça vaut la peine d’essayer et de changer de regard sur soi. Cela peut être facilité par un travail sur soi avec un psy, la pratique d’un sport, du développement personnel.

Ce qui me porte aujourd’hui, c’est de créer une étincelle dans le cœur des gens qui me lisent ou me suivent sur les réseaux sociaux et de leur faire du bien en leur disant qu’ils ont le droit d’être qui ils sont. La culpabilité, la souffrance, la haine de soi ne mènent nulle part. Un autre chemin est possible. Et on peut y arriver tous ensemble. C’est aussi cela être humain : être vulnérable. il ne faut pas avoir peur de ça.

T’es bonne, bébé, de Juliette Katz, Editions First, 15, 95 euros.


écrit par
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