A Paris, une ancienne salle de ciné accueille des sans-abri


Cinaxe, l’ancienne salle de cinéma parisienne fermée en 2011, s’est transformée en halte de nuit pour des hommes très précarisés et isolés. Son nom : Le Cin’Halte. Dans quelques jours, la halte proposera des séances de cinéma pour rendre hommage à l’histoire du lieu. Nous avons rencontré Nicolas Travet, directeur de l’établissement.

Respect mag : Combien de personnes pouvez-vous accueillir dans les locaux ?

Nicolas Travet : Nous avons une capacité totale autorisée de 40 places et disposons pour garantir la qualité de l’accueil proposé de 30 fauteuils et de dispositifs d’appoint permettant aux bénéficiaires de disposer pleinement d’un temps de répit sur la période d’ouverture de la halte (de 20h à 8h du matin), de 4 cabines de douche, d’un espace collation, d’un espace d’accès à Internet, d’un espace d’information et d’une buanderie.

Comment sont-ils admis ?

Les orientations proviennent des accueils de jour et des maraudes via les coordinations 115 et SIAO ( Services intégrés de l’accueil et de l’orientation) Urgence.

Qui sont les bénéficiaires ?

Conformément aux attendus du cahier des charges, la halte de nuit Le Cin’Halte est à destination d’hommes isolés, très précarisés et éloignés des dispositifs d’accompagnement social. L’objectif est de s’adresser à ceux qui n’ont plus l’envie ou la force de demander de l’aide, ceux qui n’appellent plus le 115 ou qui rejettent les propositions d’hébergement classiques. Si la moyenne d’âge oscille entre 30 et 50 ans, il n’y a pas réellement de profil-type mais des parcours, des situations sociales, d’isolement, de santé ou d’insertion autant que des temps d’errance très variés.

“Dynamiques d’entraides”

Que leur apporte la halte de nuit ?

Nous proposons, dans un cadre serein, sécurisé, bienveillant et respectueux des besoins de chacun, un espace et un temps de repos, de convivialité, d’écoute et de sensibilisation à la mise en œuvre d’un accompagnement social. Les soirées sont ainsi rythmées, entre usagers et avec les professionnels, de temps d’échanges formels et informels, de jeux de société et d’entretiens sociaux dans le cadre des permanences sociales mises en œuvre avec le concours des professionnels des différents établissements SOS Solidarités. Les personnes peuvent passer la nuit au chaud, se restaurer, laver leur linge, trouver quelqu’un avec qui échanger. Certains reviennent régulièrement, des dynamiques d’entraide se créent. C’est également un lieu qui se veut le moins exigeant possible à leur égard (si ce n’est de respecter les biens et les personnes) et qui fonctionne sur un principe de totale libre-adhésion.

Et vous proposez des séances de cinéma, ce qui fait écho à l’histoire de ce lieu…

Tout à fait ; on commencera courant juin. Nous souhaitons tenir compte des attentes des hommes accueillis, sommes en train de réfléchir aux films que l’on veut diffuser. Quels genres voulons-nous ? Y aura-t-il des documentaires ? Des sous-titres ? L’objectif étant que ces diffusions plaisent au plus grand nombre et permettent ce temps de distraction et d’éveil. Les séances seront tout d’abord hebdomadaires et pourrons évoluer en fonction des attentes.

Quels sont les retours ?

Les retours constatés sont bons. Les personnes accueillies apprécient le fait que ce soit un lieu propre, bien aménagé, avec un mobilier en bon état et des prestations de confort (douches, toilettes, laverie). Le Cin’halte rassure lorsque certains lieux d’accueil semblables sont réputés moins sécurisés et apaisés.

Le Cin’Halte appartient au Groupe SOS (SOS Solidarités), éditeur de Respect mag


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