Vis ton « Carole » de mon cœur !

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Pour ce 4ème épisode de notre partenariat avec le magazine L’Handispensable, une belle chronique d’un collectif nommé Les Roulettes Masquées fait l’éloge du circuit moto Carole, en Seine-Saint-Denis. Accessible aux personnes à mobilité réduite, il a fait l’objet de retrouvailles festives autour de l’univers de la moto.

Eh les gars, ça vous dirait La Grande Motte ? On aurait préféré Sofia ou Corfou mais pourquoi pas ? Je plaisante… Je vous propose Carole et c’est déjà bien ! Va pour Carole ! Une blonde, une brune, une rousse ? Une rousse de secours et une vraie dure à « cuir » ! Allez mes « roulettes masquées », haut les cœurs ! Et vive les PMR ! PMR ? Pour Mort de Rire ? Non, Pour Motos Rapides !

A l’heure où beaucoup partaient en vacances, nous avons répondu à l’appel du circuit Carole situé à Tremblay-en-France, dans le département de la Seine-Saint-Denis. Géré par la Fédération française de motocyclisme (FFM) depuis 2012, le circuit long de 2 055 mètres offre la possibilité aux motocyclistes amateurs et professionnels comme aux « kartistes » de pouvoir s’exercer aux sports motocyclistes. Ce dimanche 8 juillet, une manche du championnat de France des PMR (Pilotes à Mobilité Réduite) qui est composé de 6 courses dans l’année, s’est déroulée.

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Dès l’abord du circuit que nous avons relié en voiture, on a senti la foule des grands jours. Une nuée impressionnante d’automobilistes s’invectivait et cherchait désespérément un emplacement pour leur véhicule. Cela sentait bon l’évènement populaire…

Seulement, on a déchanté quand on s’est aperçus qu’ils se rendaient tout peinturlurés à « Japan Expo » au parc des expositions de Villepinte. Tant pis pour eux ! « Carole » nous a tendu les bras et on a fondu… Voilà un beau circuit au sud de l’aéroport Roissy-Charles-de-Gaulle.

Un circuit en danger car de vilains promoteurs aux intérêts opposés aux passionnés de vitesse et de motos veulent le « déménager » pour créer un parc d’activités à haute technologie et étendre le parc des expositions de Paris-Nord/Villepinte. Et ta sœur, elle fait combien de kilomètres à l’heure ? Y en a marre de tous ces « encravatés » qui poussent la « caisse » à fond ! A l’odeur de l’argent certains préfèrent celui du cambouis et de l’asphalte. On est avec eux !

D’autant qu’on s’est pris une grande claque dès notre arrivée ! Le peuple motard était là, esprit bon enfant, « chambrage », merguez, huile moteur comme solaire… Car la canicule était de sortie -35 degré sous tente et, puisque c’est à la mode… 55 degré en ressenti ! Pas moins !-. Des « fous du guidon » entamaient leur ronde pour une heure « d’endurance »… Autour, ça riait, ça mangeait, ça s’embrassait partout dans les stands où valides et PMR refaisaient le monde… Une équipe avait même « sacrifié » son pick-up pour improviser une piscine pour les enfants !

Avant midi, des vétérans ont pris la piste et ont imposé un rythme endiablé. On aurait dit qu’ils s’allongeaient avec leur moto à chaque virage. Epique école et macadam ! Le temps pour nous de découvrir quelques participants de la course PMR… « C’est paradoxal, c’est la moto qui m’a rendu paraplégique et c’est elle qui m’a rendu le goût de la vie ! » nous explique Benoît. « Moi, je suis un accro à la vitesse et les courses en circuit permettent une sécurité optimale ! » confie Stéphane qui sera victime quelques minutes plus tard d’une chute sans conséquence à la sortie d‘un virage.

Top départ accessible !

A 14 heures, après avoir enfilé leur combinaisons, les motards amputés, paraplégiques avec ou sans abdos, assistés par une équipe qui les bichonne eux et la mécanique de leur engin, sont « hélitroyés » sur leur bolide (600 ou 1 000 centimètres cube)… euh… le terme est inapproprié mais le résultat est le même. Deux membres de l’équipe portent donc le motard et l’installent sur sa selle, lui clippent les bottes à l’instar des cyclistes, puis attachent une sangle qui lui serrent les jambes mais ne l’attachent pas à la moto… Les dernières vérifications faites et un tour de chauffe plus tard, le top départ est donné ! Douze motos s’élancent dans un bruit fracassant…

« La peur est toujours présente principalement à chaque freinage et pour l’éteindre, il faut se concentrer. Je ne pense qu’au prochain virage en course et, pour tout dire, je suis incapable de savoir combien de tours j’ai parcourus. C’est quand je passe sous la passerelle que c’est indiqué… Nous faisons des pointes de vitesse de 210-230 km/h, c’est une sensation forte ! Une sensation de liberté comme celle d’avant ! » commente l’autre Benoît.

Nous, les roulettes masquées, jurons avoir été impressionnés par ces dingos faits de la meilleure pâte, celle des héros du quotidien. Bravos à Benoît Thibel, Kevin Simonato, Christophe Bernard, Cédric Pochon, Stéphane Paulus, le créateur du championnat en 2016, Aurélien Billard, Benoît Deshayes, Eric Snacken, Christopher Guezet, Eric Guellier, Kevin Piette, et Cédric Bagarre. Après avoir assisté à leurs 14 tours de piste, plus question de rouler des mécaniques.

D’autant que derrière leur course, il y avait celle de la « Women Cup » où on s’est sentis tout petits dans nos fauteuils… Pour les vacances, on hésite vraiment… Comme la Grande Motte, Sofia et Corfou, c’est râpé… On se tâte… Est-ce que ce ne serait pas mieux de passer nos permis motos pour faire partie de cette bande de « motartistes » ?

A part ça ?
C’est Bô Carole même quand il pleut !


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