Paradoxal, la pièce de théâtre d’un rêve éveillé

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Crédits : Samuel Poncet

Dans Paradoxal (Théâtre de Belleville), un spectacle seul en scène mystérieux, donc passionnant, Marien Tillet explore la notion de rêve lucide. Le tout, dans un échange facétieux et drolatique avec le public. 

Il y a eu La Sonate des Spectres, de Auguste Strindberg (1907), il y a désormais Paradoxal, du conteur et comédien Marien Tillet. Les pièces de théâtre, seuls en scène qui plus est, ne sont pas légion sur les tréteaux. Mais Marien Tillet n’en a eu cure, et laisse libre court à la progression de son onirisme en lui. Celui qui s’est vu décerner le Prix du public du Grand Prix des Conteurs de Chevilly-Larue en 2000, a notamment pris part au Labo recherche dirigé par Abbi Patrix à La Maison du Conte pendant près de dix ans. Marien Tillet a également animé l’atelier à l’année de La Maison du Conte. Autant d’expériences qui l’ont poussé à créer sa compagnie, le cri de l’armoire.

Un parcours personnel qui fait de Paradoxal, sa création au Théâtre de Belleville (Paris 11ème), une œuvre aboutie. Le spectacle pose la question de l’abolissement de la frontière entre rêve et réalité. Une jeune journaliste souffrant d’insomnie intègre un programme médical de recherche à destination des rêveurs lucides. L’expérience, malheureusement, dérape. Paradoxal est, en quelque sorte, la prolongation de l’identité rêveuse de Marien Tillet : « Lorsque j’étais pré-ado, ado et jeune adulte, je rêvais beaucoup. J’en venais à avoir hâte de me coucher pour pouvoir à nouveau rêver », nous dit celui-ci, joint par téléphone.

Le spectacle, construit à partir de dialogues réguliers entre le comédien seul en scène et le public, aborde la question de ce qu’on appelle le rêve lucide, expérience onirique durant laquelle la personne endormie sait qu’elle rêve, ce qui nous rappelle de jolis contes fantasmagoriques et autres romans surréalistes, tels que Nadja, d’André Breton (1936). Marien Tillet a écrit sa pièce dans un esprit « d’anticonvention vis-à-vis du théâtre classique, c’est-à-dire sans texte, sans histoire, sans personnage ». Une sorte de mise à nu qui supprime la distance entre public et acteur.

Vous devez vous demander comment est-ce possible ? Courez voire cette pièce qui suscite, en nous, des interrogations au-delà de ce que nous sommes, que nous soyons endormis où éveillés.

Paradoxal, au Théâtre de Belleville (Paris 11ème), jusqu’au 30 novembre, et le 6 avril 2019 à La Marge de Lieusaint.


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