Éric Blanchet, directeur de LADAPT: « Les nouveaux métiers doivent être accessibles à tous »

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L’association pour l’insertion sociale et professionnelle des personnes handicapées milite, à travers son directeur, Éric Blanchet, pour une inclusion des personnes en situation de handicap dans l’emploi. À l’occasion de l’ouverture de la semaine européenne pour l’emploi des personnes en situation de handicap, nous l’avons rencontré.

Quel est le message que vous souhaitez véhiculer à travers votre soutien, de longue date, de cette semaine européenne pour l’emploi des personnes en situation de handicap ?
La semaine pour l’emploi a été créée en 1997 par LADAPT, elle est devenue européenne il y a trois ans. Elle avait un message qui est toujours d’actualité. Comment fait-on pour créer le lien entre une entreprise du secteur marchand et public, et les travailleurs handicapés qui sont à la recherche d’un emploi ? Peut-on provoquer cette rencontre ? Comment la favorise-t-on ? Faire avancer ce sujet de telle manière, en fin de compte, de permettre à la personne en situation de handicap d’avoir une place dans la société ? Quand elle a été créée, LADAPT était la Ligue pour l’Adaptation du Diminué Physique au Travail. Cette notion de travail a perduré jusqu’à aujourd’hui. Elle a évoluée comme la société.

Êtes-vous pessimiste ou optimiste ?
Ni l’un ni l’autre. On est en lien avec ce que la société porte aujourd’hui, son évolution. Ce n’est pas LADAPT seule qui peut changer ce genre de choses. LADAPT est là pour aiguiller, parfois titiller un peu le pouvoir politique et administratif, et les différents acteurs. C’est aussi bien l’entreprise que le service public. Les acteurs favorisent, ou pas, l’accès à l’emploi des personnes en situation de handicap. C’est la 22ème SEEPH, on voit bien que les résultats ne sont pas à la hauteur des espérances. Cette semaine, c’est aussi une prise de température annuelle pour rappeler que ce sujet nous concerne tous.

Quel regard portez-vous sur la loi accessibilité de 2005 ?
C’était une véritable loi sociétale. Elle était aussi forte que la loi sur le mariage pour tous, et que la loi sur l’abolition de la peine de mort. C’était la première fois qu’on reconnaissait aux personnes handicapées leurs droits en tant que citoyen. Ça va bien au-delà de l’emploi et de l’habitat, ce sont des composantes. Mais cette loi était symbolique et extrêmement importante. Les aléas qu’on peut constater par rapport à l’adaptation sur la question de l’accessibilité, ça interroge vraiment. Quand on veut faire évoluer certains sujets, il ne faut pas donner trop de choix mais apporter des obligations.

Parler de la femme dans l’emploi, c’est aussi sa condition, sa situation sociale, l’accès à la formation

Qu’avez-vous prévu d’organiser à l’occasion de cette semaine ?
La SEEPH fait ressortir beaucoup de sujets. Cette année, nous en avons choisi trois, dont un mis en exergue : la situation des femmes dans l’emploi. Le deuxième sujet, c’est la mise en place de l’emploi accompagné et le troisième porte sur l’alternance. Parler de la femme dans l’emploi, c’est aussi sa condition, sa situation sociale, l’accès à la formation… Vous avez très peu de données genrées par rapport à ça. On milite depuis un an pour que ça évolue, et visiblement ça va évoluer. La secrétaire d’État, Sophie Cluzel, s’est engagée à travailler sur des données genrées. C’est l’objet de notre campagne Toutes Citoyennes, sur laquelle on travaillait déjà au nom de Tous Citoyens.

Quel regard portez-vous sur l’accompagnement professionnel des personnes en situation de handicap ?
On va aller vers la formation, l’éducation, l’accès à l’école. Depuis une dizaine d’années, on dit que tant qu’on aura pas réglé le sujet de l’école, du passage aux études supérieures et professionnelles pour les personnes handicapées, nous n’arriverons jamais à faire évoluer le taux de l’emploi ou de l’emploi tout simplement. Ça n’évolue pas assez vite. Il y a des jeunes gamins qui ne sont pas accompagnés comme ils le devraient sur le chemin de l’emploi. Quel métier proposer ? Quelle formation ? Les nouveaux métiers doivent être accessibles à tous.


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