Faire la fête et dîner pour la fraternité

Diner fraternite
Crédits : Fraternité générale / Twitter

Le 10 octobre dernier avait lieu un « dîner pour la fraternité » dans plusieurs villes de France, organisé par le mouvement « Fraternité générale ». Reportage place de la République, où s’est tenu un repas solidaire XXL.

Un peu avant 19 heures, Louise, bénévole de l’association Entourage pour venir en aide aux SDF, installe de grandes tables autour de la statue de la République dans le 11ème arrondissement de Paris. A 19 heures tapantes, les portes – ou plutôt les barrières – de ce repas solidaire s’ouvrent. En quelques minutes, les tables sont remplies et les chips offertes par un commerce du coin commencent à être dévorées. C’est le dîner en couleur pour la fraternité, organisé le mercredi 10 octobre par le mouvement « Fraternité générale ». Il a été rejoint par de nombreuses autres associations.

Son but : mettre à l’ordre du jour le trop souvent délaissé « fraternité » de la devise française. « La fraternité est aujourd’hui mise à mal » explique le philosophe Abdennour Bidar. La faute aux fractures sociales et aux ignorances entre cultures et communautés, dit-il. Pour l’initiateur de cette soirée, la fraternité est un devoir et doit devenir « contagieuse ». C’est pour cela qu’il a créé, avec la productrice de cinéma Fabienne Servan-Schreiber, le mouvement « Fraternité générale » après les attentats de novembre 2015. Autour d’actions culturelles et sportives, Ils souhaitent réunir les citoyens.

Abdennour Bidar, l’humaniste de la fraternité. Crédits : Fraternité Générale / Twitter

Le choix de la place de la République, où s’était exprimé le deuil des Franciliens après les attentats, n’est donc pas un hasard. Ils veulent montrer qu’on peut se réunir dans la joie sur cette place si symbolique. « En mangeant ensemble, nous partageons de l’amour », entonne le philosophe à ses invités venus en nombre. D’après les organisateurs, un millier de personnes a participé à ce repas. Certains sont arrivés là par hasard, au son de la musique comme Aboubakar, qui espère que l’initiative se reproduira. D’autres avaient prévu le coup et apporté de la nourriture à partager comme Jean, qui a entendu parler de l’événement sur Facebook. « C’est l’occasion de rencontrer de nouvelles personnes », explique-t-il.

Aller au théâtre est-il un droit ?

Mais aussi de réfléchir ensemble sur ce qu’est la pauvreté et comment la combattre. Des associations se sont associées à l’initiative de Fraternité générale pour sensibiliser, de façon ludique, à l’exclusion sociale. Geoffrey d’ATD Quart Monde ou Pauline d’Amnesty International se promènent entre les tables avec des cocottes géantes. Au sein d’elles, à chaque numéro correspond une question comme « Qui peut agir contre l’exclusion sociale ? » ou « Aller au théâtre est-il un droit ? ». « Non », répond Jaqueline, « on n’a pas tous les moyens ». A Geoffrey ensuite de citer la Déclaration universelle des droits de l’homme, d’après laquelle « toute personne a le droit de prendre part librement à la vie culturelle de la communauté, de jouir des arts » (article 27). Mais il confirme, tout le monde n’a pas les moyens. L’occasion de discuter entre citoyens de la misère.

Du beau monde dans un dîner festif et solidaire. Crédits : Fraternité générale / Twitter

Musique et sérénité

Petits et grands ont pris place autour des tables aux pieds colorés et baptisées pour l’occasion « fraternitables ». Ils ont goûté ensemble aux plats apportés par les uns et les autres ou préparées par les bénévoles de Fraternité générale et des associations partenaires. Même le célèbre chef Thierry Marx s’est associé à l’initiative en offrant une soupe géante. Et tout cela au rythme de la samba. En effet, un groupe d’artistes faisait le tour de la place pour attirer du monde autour de l’initiative. C’est grâce à cette animation que Milena, 25 ans, a commencé à discuter avec des inconnus. « On a dansé ensemble et ça a cassé les barrières », explique-t-elle.

C’est la pluie qui a mis fin à ce repas convivial un peu avant 22 heures à Paris. D’’autres repas été organisés en France comme à Nice, Arras ou Carcassonne. Il a lancé les activités du mouvement « Fraternité générale », qui mobilise une semaine chaque année. Au programme : tournoi de football, bal et atelier sur la fraternité dans la prison de Fleury-Mérogis.


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