Edgar Sekloka, rappeur conscient de lui-même

Edgar Sekloka rappeur
Crédits : Lalita Santana

Le rappeur associé à la salle du Tamanoir de Gennevilliers, appartenant à la scène indépendante, se produit en marge du Festival Villes des musiques du monde qui se tiendra du 12 octobre au 17 novembre. Portrait d’un artiste serein et lucide sur son époque.

C’est donc un grand gaillard quarantenaire qui s’avance vers nous dans cette cour de l’incubateur FAR, niché dans le 11ème arrondissement. En face de cette imposante résidence créative, le Paname, scène mythique où se côtoient, autour de spectacles de stand-up, des artistes de talent. Un environnement idéal pour Edgar Sekloka, rappeur qui a sorti, en 2015, un EP nommé Ici là-bas et en 2018, un EP nommé Chaplinesques. L’auteur-compositeur prépare un nouvel opus, Musique noire (2019).

Edgar Sekloka, l’un des six finalistes du 2ème prix Villes et Musiques d’Ici/Diaspora Music Awards, participera à la 21ème édition du Festival Villes des musiques du monde, qui se tiendra du 12 octobre au 11 novembre dans toute la Seine-Saint-Denis, à Paris et dans le Grand Paris. Celui que le site Cultures urbaines qualifie d’interprète à la « rage consciente et à la tendresse poétique » va par ailleurs donner une série de concerts en marge du festival. Habité par les problématiques contemporaines, telles que le rapport de la France avec ses anciennes colonies, Edgar fait partie des quelques rappeurs qui n’hésitent pas à dire des choses que beaucoup de jeunes artistes taisent aujourd’hui, peut-être par consensus. « Avant, le rap médiatisé chroniquait beaucoup plus qu’aujourd’hui, il était beaucoup plus social », affirme-t-il dans un ton dénué de nostalgie.

« L’art peut être un moyen de donner des éclairages sur les rapports qu’il y a entre les anciennes colonies, qu’on appelle aujourd’hui pays en voie de développement, et les pays occidentaux », ajoute l’artiste né à Paris dans le 15ème arrondissement. Il réside depuis son enfance à Puteaux (92), « un exemple parfait de République bananière qui vit comme un royaume », sourit-il. Ce dernier a bien vu comment, en l’espace de quelques années, la gentrification s’est mise en place. Celui qui a mis « neuf années à avoir un appartement en HLM » a, avant de vivre de son intermittence, travaillé dans la restauration, au 123 Sébastopol notamment, un restaurant dont il tient vivement à remercier les salariés qui lui ont apporté un essentiel soutien moral.

Pour Edgar Sekloka, « tout est économique », il déplore que le débat politique ne soit pas au service d’une économie qui devrait se fonder sur des principes égalitaires. Dans son processus créatif, Edgar Sekloka ne renie pas ses propres contradictions, baignant dans un « système » qu’il combat avec ses lignes de prose mais auquel il participe. Il a été « invité très tôt à réfléchir par lui-même » au contact d’une famille qui lui a très tôt mis des livres en mains, des poèmes… et des albums de rap : « J’ai grandi avec Assassin, NTM, IAM, MC Solaar, Ime Bomb Commando, des gens qui m’ont éduqué ».

Edgar Sekloka est actuellement en discussion avec une tourneuse, pour décrocher quelques contrats de représentation. Toujours en lutte, il ne compte pas de sitôt en finir avec le rap, en éternelle relation avec son public.

Pour en savoir plus sur l’artiste, rendez-vous sur son site officiel !


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