Shirley Souagnon : “On est dans une recherche de nous-mêmes”

Shirley Souagnon presente le Debout Paris Festival
Crédits : DR

Elle revient comme si, finalement, elle n’était jamais vraiment partie. L’humoriste Shirley Souagnon, qu’on aime beaucoup, monte un festival de stand-up sur trois jours qui va réunir la crème de l’humour français : le Debout Paris Festival. Rencontre ! 

Comment ça va depuis la dernière fois ?
Ça va très bien. On a passé un bel été à Montréal (dans le cadre d’un spectacle pour Netflix, ndlr), on a fini la saison du spectacle, on prépare le festival… si ça va mal, j’ai un problème (rires) ! Ensuite, on reprend mon spectacle (Monsieur Shirley, ndlr) à la mi-octobre, à la Nouvelle Seine, en tournée et à l’Européen.

Le stand-up n’est pas reconnu comme un métier

Quelle est l’idée du Debout Paris Festival ?
Une réunion de tous mes copains de l’humour. Il y en a qui aiment bien faire des fêtes de fin d’année en entreprise, moi j’en fais en début d’année. On se réunit pour festoyer autour du stand-up. C’est une pré-rentrée, parce qu’ensuite on a tous nos plateaux, nos tournées, nos spectacles. Ça fait dix ans que le stand-up existe, il faut monter d’un cran. L’idée de faire un festival, c’est de dire qu’on est là, et pour longtemps. C’est aussi permettre au public de découvrir autre chose que des spectacles en entier, mais des plateaux. Tu vois vraiment ce qu’est une ambiance de stand-up où les humoristes s’entraînent dans ces plateaux tous les soirs. Pendant le festival, les plateaux sont payants, parce que je trouve qu’on se dévalue un peu. Les gens donnent autant d’argent que si ils le faisaient à l’entrée. Je pense qu’aujourd’hui ils nous font assez confiance pour qu’on leur fasse payer un minimum. L’idée de ce festival, c’est aussi de dire aux gens de nous soutenir.

On l’oublie parfois, mais l’humour c’est un vrai métier…
Et le stand-up d’autant plus, qui est encore moins reconnu comme un métier, un peu comme le rap par ailleurs. Les gens qui ont choisi de faire du stand-up ne sont pas en galère car ce sont des convertis, comme Jason Brokerss, qui vient de la finance et gagnait très bien sa vie. C’est un vrai choix de métier.

Par rapport aux États-Unis, où le stand-up est glorifié, le métier est encore en France assez mal perçu, non ?
Je préfère le terme “dévalorisé”. Le théâtre est, en France, beaucoup plus considéré. Ça fait partie de notre culture. On aura toujours plus de chances de faire du théâtre classique que du stand-up, qui est perçu comme moins glorieux. Pourtant, le genre est très populaire. Les spectacles de stand-up font gagner beaucoup d’argent. Les séries et films qui arrivent sont par exemple écrits par des stand-uppers.

On a aussi la possibilité de voir trois documentaires sur le stand-up…
Il y a le mien (Le Stand-Up Français, ndlr), Voulez-vous rire avec moi ce soir, de l’humoriste Yacine Belhousse, et Mon tour du monde des blagues de Swann Perisse, dans l’ordre des apparitions. Une histoire se raconte quand on enchaîne les trois. L’idée, c’est qu’après on puisse rencontrer le public et échanger. Il y a aussi l’enregistrement en public de podcasts, comme celui de Sébastian Marx, le Voilà quoi. Ça va se passer le dimanche, en brunch à la Nouvelle Seine. On veut vraiment ouvrir tout ce qu’on fait au public.

Comment tu vois la nouvelle génération d’humoristes ?
On est assez moyens, mais on monte en gamme assez rapidement. Il y a beaucoup de monde, il y a du bon et du moins bon. On est dans une recherche de nous-mêmes, de nos personnalités. Il y a une nouvelle génération de stand-uppers qui est là, il faut leur laisser le temps d’être très bons pour pousser les moyens à être excellent. Il faut que les stand-uppers ressentent le besoin de dire des choses sur scène. Pour raconter aux gens quelque chose d’intéressant et de construit, il faut du temps.

Le Debout Paris Festival, du 14 au 16 septembre. Pour voir la programmation complète, cliquer ici


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