À Madagascar, à la rencontre des femmes solaires d’Ambakivao

Au Madagascar, le logo de la WWF symbolise le soutien de l'association auprès des femmes malgaches
Crédits : WWF

Dans le village de pêcheurs d’Ambakivao, posé sur le sable à la sortie de l’embouchure du fleuve Tsiribihina, vivent Remeza, Kingeline, Yollande et Hanitra, quatre femmes malgaches devenues ingénieures solaires grâce à un projet du WWF.

Article écrit par Marielle Chaumien pour WWF France. 

A Madagascar, seulement 22,9% de la population a accès à l’électricité. La faible densité de population, l’isolement de nombreuses communautés et le faible niveau de développement technologique entravent l’électrification de l’île et notamment des villages ruraux. Pour couvrir les besoins quotidiens en énergie, la majeure partie de la population de Madagascar se tourne donc vers les lampes à pétrole, les bougies, les piles ou encore les générateurs diesel. Si ces énergies non renouvelables sont nocives pour l’environnement, elles le sont aussi pour la santé des Malgaches et elles coûtent cher ! Avec un niveau élevé d’ensoleillement (plus de 2 800 heures de soleil par an), Madagascar a donc tout intérêt à miser sur l’énergie solaire…

Former les femmes à l’énergie solaire !

Depuis 2012, et dans le cadre d’un partenariat international avec l’ONG indienne Barefoot College, le WWF participe à la sélection des femmes du monde rural pour qu’elles deviennent des « ingénieurs solaires » après une formation de six mois en Inde. Pour être sélectionnées, ces femmes doivent répondre à différents critères : elles doivent par exemple être volontaires et âgées entre 35 et 50 ans. Issues d’un milieu social modeste et, ces femmes n’ont souvent aucun niveau scolaire.
A leur retour dans leur village, ces femmes sont capables de fabriquer les composants d’un système solaire, les assembler, les installer, d’assurer la maintenance et les réparations pour les ménages bénéficiaires et donc de transmettre le savoir à la communauté.

Direction Ambakivao à la rencontre de Remeza, Kingeline, Yollande et Hanitra

A Ambakiavao, ce sont Remeza, Kingeline, Yollande et Hanitra qui veillent à ce que « Ambakivao qui a été dans la lumière ne retourne jamais dans le noir », comme le rappelle la devise du village. Rentrées d’Inde en mars 2017, elles évoquent les bénéfices environnementaux du projet qui permet de privilégier une ressource naturelle et renouvelable : le soleil. Mais elles en soulignent aussi les bénéfices économiques et sanitaires parce que cette énergie est plus abordable que l’utilisation aux lampes à pétroles ou les générateurs diesel qui étaient à l’origine de nombreux problèmes respiratoires.
La lumière dans le village est aussi synonyme d’ouverture sur le monde : ces femmes solaires sont revenues changées de leur formation comme en témoigne la place centrale qu’elles occupent aujourd’hui aux côtés du chef du village. Dans quelques mois, elles quitteront à nouveau le village pour transmettre leurs savoirs à des femmes puisqu’un centre de formation devrait ouvrir ses portes à Madagascar en 2019.


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