En Italie, les inégalités femmes-hommes à travers l’oeil de la photographe Nadège Tixier-Lamaison

Crédits : Pixabay

Cette photo-journaliste part en Italie dans le cadre d’un photo-reportage, afin d’offrir un regard au monde sur la situation des femmes, pays où elles sont encore les victimes d’un lourd sexisme. Entretien.

Pourquoi avoir voulu faire un focus sur l’Italie ?

Tout à fait par hasard. J’ai revue une ancienne amie de lycée qui a fait ses études via Erasmus dans le sud de l’Italie, à Bari, et qui m’avait raconté la situation des femmes là-bas. Elle me disait qu’elle avait été, en quelque sorte, choquée de la différence de culture qu’il y a entre nos deux pays, pourtant si proches, et surtout dans le sud. Ça m’a de suite interpellée et intéressée, j’ai donc voulu en faire un reportage.

L’époque Berlusconi a considéré la femme, notamment dans son prisme médiatique, essentiellement comme un sujet de désir. Cette vision a-t-elle encore une place en Italie ?

Malheureusement la vision de la femme-objet est toujours persistante et pas qu’en Italie. Mais quelque-part l’époque Berlusconi a fait se lever des mouvements de protestations féministes ainsi que des associations protégeant les droits des femmes et donc son image. De plus un décret a été élaboré par l’État Italien en 2013 protégeant l’image des femmes dans les médias de communication.

L’Italie arrive 82ème sur 144 pays dans un rapport mondial sur l’égalité femmes-hommes. Qu’est-ce que résultat traduit ?

Le classement de l’Italie dans le rapport mondial sur l’égalité hommes-femmes traduit justement le fait que mon reportage est nécessaire. Même si ce pays est conservateur de ses mœurs et valeurs, et très croyant, cette position n’est pas logique dans un pays aussi développé que l’Italie. Il est, selon moi, important d’aller comprendre pourquoi c’est ainsi et surtout pourquoi cela perdure.

Quels seront les angles de ton reportage ? Et quel sera ton périple géographique ?

Dans mon reportage j’aimerais traiter ce sujet avec un minimum de distance, un regard non accusateur, juste témoin et curieux. Je ne suis pas là pour faire le procès de ce pays, surtout qu’en France nous sommes loin d’être irréprochables. Je vais interroger des personnes de différentes tranches d’âges, de sexes différents afin d’avoir une vision relativement globale et objective. Je vais aussi parler des chiffres-clés comme le pourcentage de femmes au chômage, leur accès aux études, ou même leurs difficultés à se faire avorter si elles le désirent. Quant à mon périple, j’atterris à Naples d’abord, puis me dirigerai vers Bari en faisant ensuite une boucle plus bas dans le sud. Je vais aller de grandes villes en petits villages.

Y a-t-il un risque aujourd’hui à aborder ce sujet en Italie ?

La carte mondiale de Reporters Sans Frontières classant les pays selon leur dangerosité ne classe pas l’Italie très bien, on y trouve des problèmes sensibles. La condition des femmes et donc la place de la religion dans la vie familiale Italienne en sont. Mais je ne suis pas spécialement inquiète, d’abord parce-que ce n’est pas dans mon tempérament, puis encore une fois parce-que je n’y vais pas pour les juger, juste pour comprendre.


Écrit par
Autre article de La Rédaction

Des dandys kurdes-irakiens à quelques kilomètres de Daech

28   Ils se définissent comme un club de gentlemen. Au Kurdistan irakien, des...
Lire la suite

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.