En Nouvelle-Calédonie, référendum et destin commun

Crédits : Wikimedia commons

Ce territoire d’Outre-Mer, marqué, dans les années 80, par un conflit lié à un désir d’indépendance, veut tourner une nouvelle page de son grand roman. Avec, en ligne de mire, une auto-détermination qui suscite la polémique. 

Le 5 mai, Emmanuel Macron s’est rendu en Nouvelle-Calédonie, ancienne colonie française devenue territoire d’outre-mer. Un déplacement politique loin d’être anodin, l’archipel étant à un tournant de son histoire. Après trente années d’attente, les calédoniens s’apprêtent à passer aux urnes afin de décider de leur autodétermination. Ce vote historique est le résultat de deux traités, le premier, celui de Matignon, a été ratifié en 1988 à la suite des violents affrontements entre les indépendantistes et le gouvernement français. Dix ans plus tard, l’accord de Nouméa du 5 mai 1998 prévoit un scrutin entre 2014 et 2018 afin de laisser les habitants déterminer du statut institutionnel de l’archipel. Celui-ci aura lieu le dimanche 4 novembre 2018.

Quel destin pour la Nouvelle-Calédonie ?

Mais ce référendum n’est pas le seul élément important du traité de Nouméa. Ce dernier a également lié les autochtones Kanaks (qui représentent 40,34% de la population selon le dernier recensement de 2009) aux autres communautés de Nouvelle-Calédonie – notamment les européens – avec un « destin commun ». « Le passé a été le temps de la colonisation. Le présent est le temps du partage, par le rééquilibrage. L’avenir doit être le temps de l’identité, dans un destin commun. ». Cette phrase du préambule de l’accord de Nouméa annonce la notion.

Désormais au cœur de l’histoire calédonienne, cette dernière vise à garantir la stabilité et à empêcher la résurgence des tensions qui ont marqué les années 1880. L’objectif est donc de réunir et réconcilier les kanaks, les descendants des colons européens et l’état français. Dans les faits, ce « destin commun » se traduit par la valorisation et la protection de la culture kanake.

Un choix en conscience

Pour cela, des opérations symboliques ont été réalisées comme le choix commun d’un nouvel hymne, d’une nouvelle devise ou encore le renouveau de l’apparence des billets de banque calédoniens. L’aspect le plus important est l’instauration d’une citoyenneté de la Nouvelle-Calédonie, afin de réunir toutes les communautés de l’archipel sous un même statut.

Mais le référendum, point emblématique du traité de Nouméa, divise à nouveau les calédoniens. Dans un sondage publié le 2 mai et réalisé par l’agence I-Scope, 59,7% des personnes interrogées seraient contre l’indépendance, 22,5% seraient pour et 17,8% seraient encore indécises. Une majorité écrasante pour le « non » à l’indépendance se dessine, mais rien n’est encore joué. Le faible nombre de personnes interrogées pour cette enquête (682) et les nombreux indécis ne permettent pas d’en déduire précisément l’issue du vote. Tout se jouera le 4 novembre.


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