La mélodie éternelle de la chanson arabe en plein Paris

Crédits : DR / Philarmonie de Paris

Jusqu’au 19 août prochain, l’exposition Al Musiqa, à la Cité de la musique – Philarmonie de Paris, revient de façon réussie sur des siècles d’une création musicale arabe dense, émouvante, brillante. 

Il n’y a pas une seule musique arabe, mais plusieurs. Elles en prennent de multiples contours. Pénétrée par cette assertion, la Cité de la musique – Philharmonie de Paris a voulu la communiquer en mettant en lumière (et brillamment) les facettes si riches d’un patrimoine séculaire, dans son exposition Al Musiqa.

L’exposition, chronologique, commence par en venir à la source de la musique arabe, en abordant une riche création ayant eu lieu au temps de la « Jahiliya » (« Ignorance »), période précédant l’arrivée de l’Islam. C’est en ces temps qu’une œuvre abondante commençait à se mûrir. À cet égard, l’exposition nous permet d’écouter les poèmes de Al Hansa (575 ap. J.-C. – 645 ap. J.-C.) déclamés par la comédienne syrio-libanaise Darina Al Joundi.

La musique, une tentation dans la religion

Notre chemin s’arrête à l’épisode suivant de cet émouvant périple musical et interactif. Le 7ème siècle est un temps où, dans la péninsule arabique, la religion musulmane se développait à grande vitesse. Une certaine défiance est nourrie alors vis-à-vis de la musique, malgré le fait que des chanteuses étaient érigées au rang de stars, comme ‘Azza al-Mayla. On retiendra cependant, et on le constate dans les mélodies qui nous sont proposées, que les chants purs ont été remplacés par de véritables fabrications musicales.

La musique retrouvera ses formes pleines et entières à partir de 661, et la fructueuse époque de la fraternité artistique arabo-andalouse. La dynastie des Omeyyades du calife Mo’Awiya va par ailleurs considérablement encourager cette abondante création, inspirée, des poètes et musiciens. Le déplacement du pouvoir central se déplace à Bagdad, et va accompagner cette transformation. L’Islam, et avec lui son univers artistique, va continuer son expansion et sa politique d’invasion jusqu’en Afrique. De sa relation avec l’Orient va naître alors le soufisme, dont la déclinaison musicale va s’imprégner du genre arabo-andalous.

Le romantisme en technicolor

Al Musiqa continue en retraçant l’âge d’or de la musique égyptienne, celle qui a vu naître la grande prêtresse de la musique arabe, Oum Kalsoum. En images, sons et décors d’époque (sublimes affiches de films mettant en scène Farid El Atrache et Samia Gamal), on se laisse emporter, rêveur, à des décennies en arrière, dans cette Égypte qui a accordé une place prépondérante à sa musique langoureuse, à son cinéma romantique.

Il est peu de dire que cette exposition nous a séduit. Elle fait, naturellement, plus que de combattre des préjugés voyant les musulmans et, plus globalement, les arabes en ignorants complets de la finesse artistique. Elle contribue à installer de la douceur et de la relation pacifiée entre des communautés, entre des époques et des genres. Al Musiqa, et à travers elle sa commissaire d’exposition Véronique Rieffel, réussit à profondément émouvoir. Et à raviver le souvenir, durant une narration tout en musique gnawa, de la photographe disparue Leila Alaoui, au travers de sa superbe œuvre, sobrement nommée Les Marocains.

On va finir en beauté avec la playlist de cette exposition : 


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