L’Institut du monde arabe se prononce pour un musée en Palestine

Crédits : Institut du monde arabe

Le prestigieux Institut dirigé par Jack Lang abrite une jolie exposition itinérante nommée Pour un musée en Palestine. Le lieu, symbole d’un mariage séculaire entre Occident et Orient, affirme ici un engagement esthétique et politique certain.

Pour les Palestiniens, le combat pour la justice et l’indépendance ne se fait pas qu’au travers des armes, mais aussi par l’art. L’affirmation de leur vœu, qui est de vivre en harmonie à l’intérieur de frontières définies suivant les accords internationaux, passe aussi par la mise en lumière de son patrimoine culturel. Jack Lang, président de l’Institut du monde arabe, et Elias Sanbar, Ambassadeur de la Palestine auprès de l’UNESCO, l’ont parfaitement compris.

Le 16 octobre 2015, les deux compères ont ainsi signé une charte établissant un partenariat en vue de la création d’un Musée d’art moderne et contemporain en Palestine. Mais ce bâtiment devant siéger à Jérusalem-Est, symbole d’espoir et de cette paix tant désirée qu’on imagine, n’a pas encore vu le jour. Il continue (lui aussi) à connaître l’exil, à voyager de part et d’autre du globe, à exister… en dehors de ses « frontières » naturelles. Toutefois, et heureusement, l’art n’en possède pas. Les œuvres qui devaient s’y trouver, provenant de dons solidaires de divers artistes internationaux, ont donc été, en attendant la création de l’établissement en Palestine, transférées pour un temps dans la capitale française.

Palestine, terre amoureuse de culture

Pour un musée en Palestine est situé dans un étage inférieur de ce bâtiment imposant qu’est l’Institut du monde arabe. On est tout de suite accueilli, et saisi, par un poème du palestinien Mahmoud Darwish, l’un des plus grands poètes du monde arabe, disparu en 2008 aux États-Unis. Ce texte, bouleversant, s’intitule « Nous aussi, nous aimons l’art » :

Nous aussi, nous aimons la vie quand nous en avons les moyens.
Nous dansons entre deux martyrs et pour le lilas entre eux, nous dressons un minaret ou un palmier.

Nous aussi, nous aimons la vie quand nous en avons les moyens.
Au ver à soie, nous dérobons un fil pour édifier un ciel qui nous appartienne et enclore cette migration.

Et nous ouvrons la porte du jardin pour que le jasmin sorte dans les rues comme une belle journée.

Lorsqu’on se promène parmi les photographies, peintures et autres sculptures de ce grand récit artistique, on en comprend très vite l’angle : la douleur atténuée par le désir d’expression d’un peuple vivant l’oppression. On vous invite à découvrir, par exemple, une peinture d’Ahmad Nawash, dénuée de titres, mais lourde de sens : une « créature » fermant les yeux. Sur quoi ? Sans doute la violence du conflit israélo-palestinien. D’autre part, on vous enjoint à contempler le « panier percé » d’Ivan Messac, dessin foisonnant de couleurs vives.

Inutile de continuer nos commentaires, on vous laisse avec une mise en bouche et un conseil : allez voir ça de vos yeux.


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