France – Algérie, une relation passionnée et joliment discutée

Crédits : Eddy Terki

Dernier volet de notre série consacrée aux artistes présentés par Oxmo Puccino dans le cadre des 30 ans de l’Institut du monde arabe, zoom sur Eddy Terki et Zoulikha Tahar. Les deux artistes respectivement franco-algérien et algérienne présentent “De Paris à Oran”, un pont entre deux cultures. 

D’un côté, nous avons une parole occidentale, française plus précisément. De l’autre, une parole méditerranéenne, elle est algérienne. Une discussion entre deux colonnes symbolisant un pont entre la France et l’Algérie, via deux colonnes communiquant entre elles. L’œuvre s’appelle sobrement « De Paris à Oran », elle a été conçue par une artiste algérienne, Zoulikha Tahar, et un autre franco-algérien, Eddy Terki.

Le jeune homme est posé, souriant. Diplômé de la prestigieuse école des arts décoratifs de Paris, il est conscient que son œuvre, ambitieuse, est représentative des « efforts » que la nouvelle génération d’artistes franco-maghrébins, et maghrébins par ailleurs, consent à faire pour unir définitivement leur pays d’accueil et celui d’origine. « Je me rends une fois tous les deux ans en Algérie, c’est un choix de ma famille », nous dit Eddy.

France / Algérie : un lien pacifié ?

L’artiste vit une histoire personnelle avec ce pays dont l’identité est si forte qu’elle rejaillit sur celle de l’hexagone, nouant avec elle un lien charnel et passionné, pour le meilleur et le pire. « Bien sûr que la relation entre la France et l’Algérie est très liée, ne serait-ce que dans le langage et de l’échange entre les peuples. Notre art peut aider, j’espère, à déconstruire ce rapport un peu tendu, qui a trouvé son paroxysme dans les années 90 ».

Zoulikha Tahar, « l’algérienne » de l’œuvre, dans un témoignage très émouvant, nous conte ceci : « Pendant plus d’un mois, Eddy et moi, nous nous sommes écrits des lettres sur le rapport que nous avons avec la terre qui porte nos aspirations. Il m’a écrit sa France, je lui ai écrit mon Algérie. Nous nous sommes questionnés sur le rapport entre les deux, et si ce dernier allait continuer à exister chez les générations à venir. Nous avons laissé, à travers nos plumes, Paris et Oran dialoguer, et pour les trente ans de l’Institut du Monde Arabe, nous avons donné corps à nos mots sur les trois colonnes se trouvant à l’entrée de la salle hypostyle ».

L’oeuvre, elle est à voir ici, et elle est magnifique : 

Crédits : Eddy Terki

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