10 raisons de voir la série Dear White People

Dear White People, la série de Netflix qui démonte les clichés. Voici nos dix raisons pour lesquelles c'est un show à regarder ! DR
Dear White People, la série qui démonte les clichés. DR

Décidément, la série de Netflix est peut-être passée un peu trop inaperçue du côté du public francophone. Pourtant, Dear White People a le mérite de poser la question du racisme au sein d’un campus, tout en exposant les paradoxes liés à ce problème. Attention spoilers !

Le pitch

Sam White est une jeune étudiante métisse qui anime une émission de radio intitulée Dear White People. Dénonçant les injustices, elle fait forcément polémique au sein du campus. Pourtant, sa prestigieuse université se retrouve confrontée à la question du racisme lorsqu’une soirée “blackface” est organisée, et ce n’est que la pointe émergée de l’iceberg…

D’ailleurs, qu’est-ce que le “blackface” ? Isabelle Boni-Claverie revenait sur cette “tendance” (à prendre avec plein de guillemets) dans un article du Huffington Post en 2015:

Le mot, peu usité en France, fait référence au maquillage grotesque des comédiens anglo-saxons qui se grimaient en Noirs pour incarner des esclaves lors de leurs spectacles burlesques. Très en vogue dans l’Amérique du 19e siècle, les spectacles de blackfaces vont peu à peu disparaître à partir des années 30, pour mieux se diluer dans la culture populaire occidentale et continuer, aujourd’hui encore, de nous influencer.

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Dear White People power ?

1- C’est une série de « jeunes » qui abordent plusieurs thématiques sérieuses, et pas seulement la question du racisme. Sam et toute sa bande de copain(e)s ou ex-copain(e)s d’ailleurs, se retrouvent confrontés à la vraie question : qui suis-je ?

2- La question des discriminations et du racisme reste d’actualité pour tous. Un campus prestigieux qui accueille des Noirs. Oui. Mais lorsqu’on se rend compte que ces communautés ne se mélangent pas entre elles, dorment chacune dans son bâtiment, on se dit bien qu’il y a un problème …

3- Avoir sa propre personnalité n’est pas trahir sa communauté. Dans un des épisodes, on constate que Sam, l’héroïne de la série, se balade dans le campus, écouteurs sur les oreilles. Le son ? du folk. Puis, tout à coup, des camarades (noirs) la croisent et la voilà qui change directement pour du hip-hop… Une scène qui fait sourire et réfléchir !

4- Rester ouvert au dialogue avec les autres est primordial. Sam, Sam, Sam… La belle et rebelle sort en cachette avec un Blanc : le gentil Gabe. Compréhensif, il essaie de se faire une petite place dans la vie de son activiste de copine. Problème ? L’échange est compliqué avec l’autre communauté, et même avec Sam, qui a voulu cacher cette histoire le plus longtemps possible.

5- Le racisme n’est pas réservé aux pauvres … Et ça, on le comprend tout au long de la série. Tout débute avec une soirée « blackface », mais l’histoire nous amène jusqu’aux différences de traitement de policiers blancs envers de jeunes étudiants noirs, alors que nous sommes dans un campus, style Ivy League (les meilleures universités américaines, ndlr). D’ailleurs, si la scène de Reggie choque tout particulièrement, Troy finit aussi par en faire les frais (dans le dernier épisode).

6- Les cheveux naturels, on aime ! Une mention spéciale pour avoir abordé la question capillaire avec l’ambitieuse Coco. Au cas où vous ne seriez pas au courant, Michelle Obama n’a pas des cheveux lisses au naturel. Cette question était abordée par le mouvement des Blacks Panthers dans les années 60 (on vous conseille ce documentaire d’Agnès Varda sur le sujet), et pourtant, c’est tout récemment qu’on recommence à aborder la question en public. Notamment grâce à de bonnes ambassadrices comme l’actrice Stéfi Celma (Dix pour cent).

7- Le journalisme peut aussi être une question de conscience, et on aime le journalisme engagé du timide Lionel !

8- La série a le mérite d’interroger sur le type de société que nous voulons. Quelle mixité voulons-nous pour nous et nos enfants ? Le racisme est-il conditionné par la classe sociale ? Au final, pas vraiment et Dear White People montre bien que les codes de “bonne conduite” viennent des Blancs.

9- C’est le feuilleton où toute la communauté noire du campus se réunit. Dans un style soap-opéra très kitch, la reprise de la série Scandal est terriblement drôle (et particulièrement critiquée) !

10- Rien que la bande-annonce vaut le coup ! Dès sa publication, en février dernier, la vidéo a suscité la polémique aux Etats-Unis, jusqu’à pousser certains abonnés à quitter Netflix. Dénoncée comme un show « anti-blanc » (sic), cette campagne sur les réseaux sociaux a bien entendu été menée par des sympathisants de l’extrême-droite américaine. Un buzz qui n’a fait que donner raison au créateur de la série, Justin Simien.

10 bis- Enfin une série (et un film auparavant) où l’on ne retrouve pas le héros blanc, valorisé par son ami de couleur, histoire de mettre un peu de diversité, diantre !


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