Après les tweets assassins, les excuses de Mehdi Meklat

Depuis le 16 février 2017, Mehdi Meklat est au cœur d'une vive polémique pour de vieux tweets injurieux. Il s'est expliqué plus longuement dans un message publié sur Facebook, lundi 20 février 2017. Capture d'écran La Grande Libraire, France 5
Depuis le 16 février 2017, Mehdi Meklat est au cœur d'une vive polémique pour de vieux tweets injurieux. Capture d'écran La Grande Libraire, France 5

L’auteur et journaliste de 24 ans est au cœur d’une vive polémique ces derniers jours, après que des tweets injurieux ont refait surface… Hier, Medhi Meklat a publié un long message d’excuse où il explique s’être mis dans la peau d’un personnage fictif.

C’est apparemment suite à son passage à l’émission La Grande Librairie, de France 5, jeudi 16 février, pour son ouvrage Minute (éditions du Seuil), que des internautes ont remonté le fil du compte Twitter de Medhi Meklat, et déterré des messages à moins de 145 caractères injurieux. Aujourd’hui, si c’est son compte officiel, il semblerait que le jeune homme publiait à cette époque sous le pseudo de “Marcelin Deschamps”…

Malgré des excuses sur le réseau social au petit oiseau, samedi dernier, la polémique continue à enfler, au point où les Inrocks, La Grande Librairie ou encore Christiane Taubira (avec qui il partage la Une des Inrocks ce mois-ci) ont dû prendre la parole sur le sujet. Au bout du compte, Medhi Meklat a publié, hier soir, un plus long message sur Facebook. On peut y lire le message suivant:

Je m’appelle Mehdi Meklat. J’ai 24 ans. Je suis reporter, réalisateur et écrivain. D’abord, je souhaite présenter mes plus sincères excuses à la suite des tweets que j’ai pu poster sur Twitter sous le nom fictif de Marcelin Deschamps. Je sais que bon nombre d’entre vous ont été légitimement blessés, outrés par ces injures, ces insultes, ces éructations qui ont ressurgi des tréfonds d’Internet ce week-end.

Je comprends l’émotion que peuvent susciter ces outrances verbales. Elles sont indéfendables. Je sais que vous êtes nombreux à avoir été touchés et déçus par ces propos ignobles qui ne reflètent pas celui qu’ils connaissent et avec qui ils travaillent. A vous aussi, je veux vous présenter mes excuses.

Marcelin Deschamps était absolument immoral

En 2011, j’avais 19 ans. J’ai rejoint Facebook et Twitter. Twitter était alors un Far West numérique. Un nouvel objet, presque confidentiel, où aucune règle n’était édictée, aucune modération exercée. J’ai trouvé un pseudo : Marcelin Deschamps. Les œuvres de Marcel Duchamp m’avaient inspiré une certaine idée de la beauté. Sûrement « Marcelin Deschamps » suivrait ce chemin. Mais rapidement, il est devenu un personnage de fiction maléfique. Il n’était pas « dans la vie réelle », il était sur Twitter. Il se permettait tous les excès, les insultes les plus sauvages. Par là, il testait la notion de provocation. Jusqu’où pouvait-il aller ? Quelles seraient ses limites ? Aucune. Rien sur ce réseau social naissant n’était mis en œuvre pour arrêter les logorrhées numériques ignobles. Marcelin Deschamps était absolument immoral. Il était honteux, misogyne, antisémite, raciste, islamophobe et homophobe. Il avait la haine entre ses mots et rejetait catégoriquement l’amour. Grisé par cette liberté infinie, Mehdi n’a pas su contrôler Marcelin. Nous partagions peut-être parfois une certaine colère mais je la transformais en art quand Marcelin n’avait que la haine en lui.

Parfois, dans les couloirs de la Maison de la Radio où nous travaillions avec Badrou, on me demandait si « j’étais Marcelin Deschamps ». Oui, je l’avais crée comme une créature et désormais, aux yeux des gens, je l’incarnais. On me regardait de travers. On ne comprenait pas que je puisse être si « différent » de « mes » tweets. Mais je n’étais pas mes tweets. Dans la vie réelle, il n’existe que Mehdi, Marcelin lui ne prenait corps uniquement sur les réseaux sociaux. Marcelin avait peu de followers. Il explorait les zones d’ombres les plus immenses. Il se demandait quand on l’arrêterait et si son compte serait bientôt effacé. Ce ne fut jamais le cas. Il aimait flirter avec l’excès. Alors il continuait, avec la violence la plus extrême, à tester ses limites. Il était con. Mais quand on a 20 ans, on aime les interdictions pour pouvoir les franchir.

Il y a quelques mois, j’ai décidé d’être définitivement « Mehdi Meklat » sur Twitter. D’être moi. J’ai tué Marcelin Deschamps, ce personnage que j’exècre. Mais ses tweets étaient encore là, définitivement gravés. Ils étaient même signés, depuis que j’avais changé mon pseudo, par mon vrai nom. Au lieu de tuer définitivement Marcelin en créant un nouveau compte, Mehdi a endossé rétroactivement ces insanités avec la naïveté de croire que la distinction entre les deux était claire -malgré les avertissements.

Pourtant, ces outrances n’ont rien à voir avec moi. Elles sont à l’opposé de ce que je suis et ce que je veux représenter. Je me souviens que Marcelin Deschamps, parfois, en une heure, pouvait ne jamais s’arrêter. Sa diarrhée verbale était son expérience ultime, comme un déversement sale et visqueux dans un monde qui peut l’être tout autant. Aujourd’hui, j’ai conscience que les provocations de Marcelin Deschamps, ce personnage pouilleux, étaient finalement leurs propres limites. Elles sont désormais mortes et n’auraient jamais dû exister.

Jusque-là, Mehdi Meklat était surtout salué par la critique pour son travail sur divers médias comme Le Bondy Blog, France Inter ou encore pour ses livres.


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