Pierre Deniziot : Moi, conseiller régional, 35 ans, 1m40


Pierre Deniziot, maire-adjoint de Boulogne-Billancourt, en région parisienne, a été élu en 2015 conseiller régional, en charge des questions d’accessibilité.

PPierre Deniziot reçoit à l’hôtel de région. Pour accéder à son bureau, il faut gravir quelques marches, mais, depuis le début de son mandat en 2015, une rampe est à disposition de ses visiteurs en situation de handicap. « Je ne sais pas où mon prédécesseur les accueillait, pas ici, en tout cas », sourit ce membre de l’exécutif régional, satisfait de déménager à Saint-Ouen en Seine-Saint-Denis dans quelques mois avec la présidente Valérie Pécresse. Le but du jeu ? Réunir l’ensemble des services du conseil francilien dans un lieu unique, de surcroît 100 % handi-accueillant. Au sein du grand bâtiment parisien, tous ne peuvent aller d’une salle à l’autre à son grand dam. Lui marche aisément, mais comprend la difficulté mieux que quiconque.

Ce conseiller régional a souffert d’une maladie ayant bloqué sa croissance, d’où sa toute petite taille : « On me reconnaît de très loin », glisse, avec humour, celui qui est également adjoint au maire de Boulogne-Billancourt chargé, depuis 2008, des questions liées au handicap. « Cette thématique va de soi, car elle me concerne personnellement. »

«  Je fais tâche sur la photo »

Mais Pierre Deniziot, 35 ans, insiste : ce n’est pas pour cette raison qu’il se retrouve à ce poste, comme certains pourraient le penser. « Rien n’est automatique », indique le Boulonnais. La preuve ? « Je suis le premier à mon poste à la région avec cet handicap, analyse-t-il, précisant que la thématique qu’il couvre est multiple, puisqu’il faut avoir des notions en voirie, en sport, dans le domaine de l’éducation…

« J’ai le sentiment de devoir faire mes preuves plus que les autres », lâche toutefois le natif de l’Allier venu à Boulogne-Billancourt pour rejoindre les bancs de la fac de psychologie, spécialisée dans les sciences cognitives. Aujourd’hui, outre ses activités municipales et régionales qui le poussent à représenter la région lors de certains événements, il travaille, à temps partiel, en tant que neuropsychologue à l’hôpital.

« C’est à l’occasion de mes premiers stages que j’ai ressenti l’envie de m’engager politiquement. » Le tout… pour « faire tâche sur la photo » : « Je suis très souvent le seul en réunion à avoir un handicap », explique Pierre Deniziot, confiant quant à l’avenir. « On a vu des femmes obtenir le maroquin de la Défense, devenir garde des Sceaux… Qui sait ? On aura peut-être un jour un ministre… handicapé, comme en Allemagne… »

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