Julie Dachez : « L’autisme n’est pas ce que vous croyez »


Doctorante, auteure, blogueuse, youtubeuse, conférencière et militante, Julie Dachez, diagnostiquée autiste Asperger* à l’âge de 27 ans, multiplie les casquettes et démonte les préjugés.

Entre son job dans une grande entreprise et son petit-ami, Julie Dachez mène une vie « normale ». Pourtant, cela demande à Julie des efforts draconiens. Chaque interaction sociale draine une grande partie de son énergie. Hypersensible aux bruits, à la lumière et aux odeurs, travailler en open space est une torture. Elle est incapable de mentir, ne comprend pas bien l’humour, les sous-entendus ou le second degré. L’imprévu est une angoisse, qui surgit dès qu’elle s’écarte d’une routine établie à la minute près. Cela ne se voit pas, mais elle le sait : elle est différente. Elle passe son temps à faire semblant, à imiter les autres, à porter, ce qu’elle appelle, un « masque social », une fausse personnalité créée pour se faire accepter des autres… sans pour autant y parvenir.

Un autiste, ce n’est pas forcément Rain Man

À l’âge de 27 ans, c’est le burn-out. Julie tombe sur un témoignage qui la bouleverse tant elle s’y reconnaît, celui d’une « aspi ». Loin d’être une sentence, se faire diagnostiquer autiste Asperger est pour elle une libération, l’occasion, enfin, de se reconnecter avec elle-même. Elle reprend ses études et entame un doctorat en psychologie sociale. Dès lors, elle s’épanouit en racontant son vécu et son affranchissement du « carcan normatif dans lequel on s’enferme tous ». Elle décrit son parcours sur son blog, dans des vidéos, mais aussi à travers une BD, La différence invisible (Éd. Delcourt). Un ouvrage autobiographique retraçant ses doutes, ses difficultés au quotidien, son diagnostic et sa transformation.

Chenille, Julie devient papillon. Un papillon engagé à montrer qu’il n’y a pas un autisme mais de multiples formes. « On parle de spectre autistique avec des milliers de nuances », décrit-elle dans une vidéo sous le pseudo « Super Pépette ». Julie s’emploie à démonter fermement les préjugés et n’hésite pas non plus à dénoncer un retard médical de 40 ans, en France, dans le diagnostic et la compréhension du syndrome d’Asperger : « L’autisme n’est pas une maladie mentale et ne doit pas être traité comme tel. Nous ne sommes plus dans les années 70, actualisez vos connaissances mes amis les professionnels de santé ! » Devenue experte et militante, elle ne cesse de questionner. Le syndrome est-il un handicap ou une différence ? Et, au fond, qu’est-ce que la normalité ?

*Le syndrome d’Asperger est une forme d’autisme légère, sans retard de langage ni déficience intellectuelle.

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2 Comments

  • Non, le syndrome d’Asperger n’est pas une forme d’autisme légère. D’abord, elle n’est pas “une forme de”, elle est bien l’autisme.

    Puis, légère? Julie mérite d’être entendu, mais il y a beaucoup des Asperger’s qui ne seraient pas capables de suivre une formation universitaire, (même qu’ils peuvent maitriser le côté académique), ou être autonome. Le taux de suicide parmi les autistes dit “haute niveau”, principalement les Asperger’s, est 10 fois plus élevé que la population non autiste. Ça c’est “léger”?

    • Bonjour
      Merci pour votre réponse à François Fillon.
      Au départ comme.tout enfant on.dit ce que.l’on pense et on.entend.la vérité sort de la bouche des enfants.
      Puis le temps.passe et on.nous oblige à davantage de vigilance sur.l’expression de nos émotions. C’est ce qu’on appelle le politiquement correct. Peu importe que nos propos ne soient pas en.adéquation avec notre ressenti. Depuis que l’on parle davantage des aspis on a enfin trouvé des alliés qui nous permettre de nous autoriser de nouveau à dire ce que.l’on.pense.
      Depuis que.je travaille dans le.monde du handicap je me sens en.adéquation avec moi.même comme quoi nos us et coutumes sont bien complementaires.
      Comment vous joindre pour organiser une conférence sur un département.
      IF

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