Quand un média donne la parole aux exclus


Détourner le regard, penser à autre chose… On a tous tendance à faire l’autruche face à la réalité vécue par les plus démunis. Pourtant, les exclus, SDF, chômeurs, précaires ou encore sans-papiers ont tous des histoires à raconter. Le site Sans_A leur donne la parole.

Sur Sans_A, on découvre l’histoire de Pierre, 39 ans, ex-baroudeur, barman à Opéra (Paris), avant se de retrouver criblé de dettes et à la rue. Le récit d’Ahmed, 47 ans, sans-papier marocain, qui enchaîne petits boulots et dort sous une tente à la Défense. Ou encore Emmanuelle, née sans bras ni pieds, battante malgré toutes les galères qu’elle a connue. Des récits valorisants et respectueux, sans pathos, jamais sur un ton moralisateur.

Sans-A_Emmanuelle

Sans_A, a été imaginé il y a deux ans par un jeune parisien, Martin Besson, 20 ans. S’interrogeant sur son avenir et le monde qui l’entoure, il décide de se mettre dans la peau d’un SDF pendant une semaine. «J’ai tenu une journée, mais je me suis rendu compte que la rue est très silencieuse malgré tout ce qui se passe. Les gens ne font pas attention aux autres, ne se regardent pas, ne discutent pas»*, explique-t-il.

Du récit à l’action

«Pour agir, l’essentiel est de donner de la visibilité à ces personnes et aux problèmes qu’elles rencontrent». C’est de cette conviction qu’est né Sans_A, pour «rendre visible les invisibles», autour d’une équipe de journalistes, photographes, designers et communiquants bénévoles. Se concentrant d’abord sur des portraits de SDF, Sans_A a élargi, au fil du temps, sa ligne éditoriale à d’autres formes de précarité : personnes atteintes d’une maladie, d’un handicap physique ou mental, sans-papiers, mal-logés etc…

Le site a rapidement conquis un large public et généré beaucoup de partages sur les réseaux sociaux. Les retours des personnes dont l’histoire est racontée sont aussi très positifs. Aujourd’hui, le jeune média souhaite passer à la vitesse supérieure. L’équipe vient de lancer une campagne de crowdfunding sur Ulule. L’argent récolté doit permettre de financer les projets, faire évoluer les formats narratifs, et surtout, passer à l’action.

La vidéo de présentation de la campagne :

Chaque mois, une série de productions autour d’un portrait devrait permettre «la réalisation du projet souhaité par une personne en situation de précarité», précise la présentation de la campagne. S’inscrivant dans la lignée du journalisme de solution, Sans_A veut fédérer et mobiliser autour de ces histoires. En attendant, chacun peut donner un petit coup de pouce au projet sur Ulule.

*Propos recueillis par Valère Corréard


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