Avec E-FABRIK’, des jeunes inventent des solutions pour le handicap


Le projet E-FABRIK’ fait le lien entre jeunes et personnes en situation de handicap autour du numérique. Ensemble, ils inventent des solutions techniques pour répondre à un problème rencontré par une personne handicapée.

Plutôt que de se contenter d’une formation théorique aux outils du numérique tels que l’imprimante 3D, la découpeuse laser ou la fraiseuse numérique, les associations d’éducation populaire Traces et Atomes Crochus, ont imaginé le défi E-FRABRIK’.  «Le but est d’aller au-delà de la découverte, tout en étant utile», explique Vanessa Mignan, de l’association Traces.

Chaque défi repose sur trois piliers : une structure travaillant avec des personnes en situation de handicap, un espace numérique tel qu’un Fab Lab et une structure accompagnant des jeunes de 11 à 18 ans tels qu’une MJC ou une école de la seconde chance, en Ile-de-France. Pour les 18 à 25 ans, il est par ailleurs possible de se lancer dans le défi individuellement. Les équipes d’E-FABRIK’, organisent des ateliers et favorisent les échanges.

Un Fab Lab est un atelier partagé, orienté vers la fabrication numérique. On y trouve toutes sortes d’outils permettant de fabriquer des objets, par exemple des imprimantes 3D, des découpes laser ou encore des fraiseuses numériques.

Tout commence par une rencontre : celle des jeunes avec une personne en situation de handicap. Au fil des échanges, ils déterminent ensemble la gêne ressentie par la personne en demande au quotidien, et à laquelle ils vont essayer de trouver une solution, grâce aux outils du numérique. Les personnes en situation de handicap sont appelées «associé-es» et les participants sont dits les «apprenti-es».

Le numérique au service du lien social

Dans le 19e arrondissement à Paris, sept jeunes de l’Antenne Jeunes Flandres ont ainsi réfléchi à des solutions pour les usagers d’un foyer d’accueil de jour. Abdou et Souleymane ont par exemple formé un trinôme avec Sahar, qui se déplace en fauteuil ou en déambulateur. Ils ont imaginé une solution pour l’aider à ramasser plus facilement des objets au sol : une tige avec une pince au bout.

efab

Oumar et Mamadou ont eux travaillé avec Bruno sur une amélioration de la table de ping-pong du foyer. Ils se sont lancés dans la confection d’un filet permettant de retenir la balle car il est parfois difficile pour les joueurs de la ramasser. Pour réaliser leur prototype, les jeunes ont travaillé dans le Carrefour numérique², Fab Lab de la cité de Sciences, où des médiatrices ont pu les initier aux différents outils.

«Trois participants avaient déjà participé au défi l’année dernière et ont eu envie de le refaire car cela leur a plu autant sur le plan humain que pour les ateliers, par exemple d’initiation au design», rapporte Pierre, animateur médiateur à l’Antenne Jeunes Flandres. Selon lui, le projet est positif car il apporte aux jeunes «la notion d’engagement», les impliquant dans un projet du début à la fin. «Pour certains, c’est assez nouveau.»

Innovation et partage

Les apprentis entrent actuellement dans la dernière ligne droite des prototypes, et pourront bientôt présenter fièrement leur production aux “associés”. «Quand on leur rappelle qu’ils sont attendus, ça gonfle leur motivation», note Pierre. Et c’est le but du défi : «Les jeunes construisent avec et pour la personne en situation de handicap. L’échange est aussi important que l’objet fabriqué», précise Vanessa.

E-FRABRIK’ bénéficie aussi à ceux qui n’y participent pas. Les tutoriels et les présentations des différents projets, qui sont tous en open-source (licence libre), sont accessibles sur le site de E-FABRIK’. Cela peut permettre à chacun de s’en inspirer ou se les approprier. Dans la même démarche d’ouverture et de convivialité, une grande fête réunira tous les participants le 8 juillet à Montreuil (93), afin de présenter les prototypes. L’occasion pour tous ceux qui le veulent de rencontrer les participants et de découvrir les créations.


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