Tin-tin : « La mode est éphémère, le tatouage est permanent »

© AFP Photo / Remy Gabalda

Du 4 au 6 mars, le Mondial du Tatouage prend ses quartiers à la Grande Halle de la Villette pour la troisième année consécutive. A l’occasion de cette convention qui réunit tous les plus grands tatoueurs du monde, Tin-Tin, le fondateur du Mondial, accorde à Respect mag un entretien dans lequel il déclare sa flamme au 10e art.

A quel moment vous est venue l’idée de créer le Mondial du Tatouage ?
Le premier Mondial du Tatouage s’est tenu en 1999 donc ça fait un bout de temps ! C’était une époque où je faisais beaucoup de conventions de tatouages. J’étais un peu déçu de ce que je voyais alors j’ai eu l’idée d’en organiser une. On n’est jamais mieux servi que par soi-même ! Et puis c’est toujours bien de montrer aux autres ce qu’on peut faire.

Combien de temps prend l’organisation d’un tel événement ?
C’est un boulot à part entière il suffit de trouver les bons assistants pour le faire parce que bien entendu ce n’est pas moi qui m’occupe de tout. Heureusement d’ailleurs… J’ai ma directrice qui fait un super travail. Combien de temps ça m’a pris ? Plus de 16 ans on va dire (rires). Puisque le premier se tenait il y a 16 ans. Sauf que j’ai arrêté de l’organiser pendant 13 ans puis j’ai recommencé.

Comment choisissez-vous les artistes qui exposent au Mondial du Tatouage ? Comment se crée cette shortlist ?
Ce n’est pas vraiment une shortlist vu qu’il y a du monde (rires). Comment je les choisis ? Leur réputation, leur ancienneté, leur carrière et leur renommée dans le milieu du tatouage. Il faut savoir que c’est quand même un microcosme assez important que j’ai la chance de fréquenter depuis une trentaine d’années maintenant. Donc je connais quasiment tous les intervenants et acteurs de la scène. Pour le Mondial, j’ai presque 380 tatoueurs qu’on a choisis sur dossier. On a reçu presque 2000 requêtes, il a donc fallu faire des choix. Il y a même des bons qu’on a dû refuser.

Le Mondial du Tatouage est un événement conçu pour faire plaisir à la profession et au public

Avez-vous des tatoueurs favoris ?
Oui, j’ai forcément des chouchous… (rires) Mais certains ne tatoueront jamais au Mondial du Tatouage parce qu’ils n’ont pas le niveau. Ce sont quand même des potes. Avoir des petits chouchous c’est une chose et être pragmatique quant au plateau que tu te présentes au public, c’en est une autre. On n’est pas là pour faire une convention avec mes amis. Le Mondial du Tatouage, c’est vraiment la représentativité de ce qu’il se fait de mieux dans le monde.

Quelles valeurs défendez-vous avec cet évènement ?
Je ne sais pas si je défends des valeurs. Je défends juste le tatouage. C’est de l’art tout simplement. Je défends également le fait que les tatoueurs doivent être reconnus comme des
artistes.

Selon vous, pourquoi l’art du tatouage est devenu aussi populaire aujourd’hui ?
Parce qu’il y a beaucoup de tatoueurs qui ont fait du joli travail et qui ont tout fait pour que le tatouage devienne populaire. Ça a marché ! Le tatouage était marginal à une époque dans certaines cultures alors qu’il était très populaire ailleurs. C’était même l’apanage des rois et des reines dans certains pays. Dans notre antériorité proche, c’était effectivement moins bien vu il y a 30 ans ou 40 ans qu’aujourd’hui. Je ne crois pas que ce soit un effet de mode, la mode c’est éphémère et le tatouage est permanent. Il n’y pas plus antinomique.

Pour cette édition 2016, espérez-vous battre votre record d’affluence ?
On ne peut pas battre le record tous les ans. Peut-être que je le battrais, peut-être pas. Est-ce bien important ? Mon objectif est de rester authentique. Je ne fais pas le Mondial du Tatouage pour l’argent. Ce n’est pas un business mais un évènement conçu pour faire plaisir à la profession et au public, et faire reconnaître le tatouage comme un art. Pour que tout le monde passe un bon moment et que ce soit l’évènement que c’est déjà. C’est attendu sur la planète entière, du Japon au Brésil ! Je vois les posts qui commencent à arriver et je sens que ça bouillonne déjà. C’est un grand moment pour tout le monde !


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Écrit par
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