Accessibilité : « On veut revenir sur l’idée d’universalité du Louvre »

Visite pour public malvoyant : Raphaël, Saint-Michel terrassant le dragon, le 15/12/2012 © 2012 Musée du Louvre / Olivier Ouadah
© 2012 Musée du Louvre / Olivier Ouadah

Le Louvre imposant. Le Louvre passionnant. Mais surtout, le Louvre accessible ! Le mythique musée de Paris organise pour la première fois une semaine de l’accessibilité, du 20 au 27 janvier 2016. Michel Lo-Monaco, chargé de programmation au musée du Louvre, explique à Respect mag pourquoi l’initiative s’inscrit dans une logique développée depuis des années.

Pourquoi avoir organisé une semaine dédiée à l’accessibilité au musée du Louvre ?
Cette semaine de l’accessibilité, au final, c’est un focus sur toutes les actions menées par le musée et une invitation faite au public de venir quel que soit sa situation. C’est à nous de trouver les solutions afin de combler une demande. On veut revenir sur l’idée d’universalité du Louvre. Peu de personnes le savent mais le Louvre est accessible à 98% aux PMR (personnes à mobilité réduite).
Avec cette semaine, des programmes seront lancés à cette occasion. Par exemple, le samedi 23 janvier, nous lançons un programme pour les personnes atteintes d’Alzheimer, appelé « Le Louvre en tête ». Il a été développé avec des associations, et pourra être appliqué individuellement ou en groupe, à raison d’une visite organisée par mois. Le lendemain, nous allons aussi lancer des ateliers pour des familles ayant des enfants autistes. La plupart sont en centre la semaine, mais le week-end, les parents se demandent souvent quelles activités pourront-ils faire ensemble – question que se posent déjà tous les parents en général ! Avec ce premier atelier, on veut vraiment que parents et enfants travaillent ensemble, afin de créer une œuvre.
Outre ces deux initiatives, on aussi une journée sur le toucher, une présentation avec une troupe de théâtre en langage des signes, une projection de films… Le but est de permettre à tous les  différents types de publics de se croiser, que ce soit des professionnels, du personnel du musée, des visiteurs en situation de handicap ou pas… c’est important parce que ces activités sont aussi portées par le personnel.

Comment rendre l’art – et surtout l’espace muséal – accessible à tous ? Quel est le parcours du Louvre en ce sens ?
Ce sont des problématiques qui ont interpellé le Louvre dès les années 90, donc il y a 20 ans. Le premier principe d’un musée de manière général, c’est qu’on ne touche pas aux œuvres, donc on s’est demandé comment rendre cette possibilité aux personnes aveugles. Pour les malvoyants, on a créé la galerie tactile, et un parcours a été spécialement conçu avec la galerie dédiée aux arts de l’Islam. On peut faire des visites descriptives et tactiles, avec le choix d’être accompagné ou seul. Le but est de favoriser toutes les approches. On essaie d’intervenir sur l’ensemble des problèmes que peuvent rencontrer les différents publics du Louvre. On travaille avec d’autres associations, c’est ce qui nous permet de valider ce qu’on met en place. Nous sommes très “à cheval” sur la haute qualité d’usage. Par exemple, on collabore beaucoup avec Action handicap France. Ce sont souvent à la fois des professionnels et des usagés, donc ils ont une double approche ce qui nous aide énormément.

Parlez-nous de vos mallettes poly sensorielles, de quoi s’agit-il ?
Les mallettes sont un nouveau projet. On l’a d’abord développé dans le cadre du « Louvre à l’hôpital ». On s’est demandé de quelle manière amener le musée vers ceux qui ne peuvent pas s’y rendre (on l’a fait, par exemple, avec les prisons). Il s’agit en fait d’une reproduction avec autour, des éléments qui expliquent l’œuvre. On a développé trois grandes thématiques : l’enfance, les quatre saisons et Madame de Pompadour. Dans ces mallettes, on peut même y trouver des parfums spécialement créés avec Cinquième Sens, en plus de choses que l’on peut toucher. A la base, sur ce projet, on est parti de ce que l’on pourrait définir de « niche de public » mais cela peut toucher un large panel, comme les groupes scolaires, vu le côté ludique. C’est quelque chose que l’on cherche à plus intégr

C’est la première semaine de l’accessibilité que le Louvre organise. Peut-on s’attendre à ce que l’événement soit reconduit ?
Il y a aura très certainement d’autres semaines de l’accessibilité ! Après, la seule chose que l’on ne sait pas encore, ce sera la fréquence, à savoir si on l’organisera tous les ans ou tous les deux ans. Par contre, toutes les activités sont quasi-complètes, donc nous sommes ravis de savoir que nous répondons à une vraie demande du public avec cette initiative.

Retrouvez le programme de la semaine de l’accessibilité au musée du Louvre sur leur site.

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