Alain Gresh, la République et Daesh

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Figure du Monde diplomatique et rédacteur-en-chef de la revue en ligne OrientXXI, Alain Gresh est un spécialiste du Moyen-Orient, en plus d’être un fin observateur de la République. Entretien sur la France post 13 novembre et ses perspectives.

C’est dans un café parisien, au doux nom de l’un des mots magiques de la République Française (vous avez le choix entre liberté, égalité ou fraternité), qu’Alain Gresh donne rendez-vous. Le journaliste, spécialiste du Moyen-Orient, se réchauffe à coup de thé vert à la menthe, tandis que les mots et les pensées s’enchaînent. « En 2008, Gordon Brown, alors Premier ministre britannique, avançait une idée au moment où il a été en Afghanistan. Depuis, elle a été reprise par Manuel Valls en janvier 2014, quand le Parlement français a entériné la guerre d’Irak. Cette idée est simple, c’est ‘on va les combattre là-bas pour pas qu’ils viennent chez nous’. Or, il n’y jamais eu autant d’actes terroristes chez nous, ni autant de cellules. Objectivement, c’est un échec total ».

Le terrorisme est un mot fourre-tout

Le propos est clair et direct. La situation de la France, comme un peu tout l’Occident et le monde arabe, c’est un calcul assez hasardeux, se concentrant sur l’un – actuellement l’organisation Etat islamique – et laissant de côté les autres, comme Al-Qaïda, présent en Syrie sous la bannière de Jabhat al-Nosra. Le doux monde du terrorisme ! Comment le définir ? Pour Alain Gresh, « le terrorisme est un mot fourre-tout. Personne ne sait ce qu’il signifie mais on l’utilise de manière systématique pour discréditer ce que l’on a envie de discréditer ». Il cite l’exemple des Kurdes, soutenus par la France, et liés au PKK, inscrit comme organisation terroriste chez de nombreux pays occidentaux, dont la France. « Pour moi, ça revient à dépolitiser la question et en donner une dimension morale et oublier celle de la politique », estime le rédacteur-en-chef du média en ligne OrientXXI. Des déformations de vocabulaire, on pourrait en citer d’autres. On pourrait parler du jihad, « qui d’abord n’a pas une si grande présence dans la tradition musulmane, (…) qui est une utilisation relativement récente, (…) qui n’a jamais signifié ‘guerre sainte’ et qui a varié en fonction de l’histoire »… « C’est comme fatwa ! » ajoute Alain Gresh, « il y en a qui disent que ça veut dire condamnation à mort alors que c’est un édicte religieux. C’est utiliser à toutes les sauces ! Après on est aussi sous l’emprise de la presse et des médias, et de la nécessité d’utiliser des mots simples »…


Retrouvez l’intégralité du portrait d’Alain Gresh dans l’édition collector de Respect mag disponible en kiosque et sur la boutique de respectmag.com.

Témoignages de :
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  • Corinne Rey dite “Coco”, dessinatrice pour Charlie Hebdo,
  • Dalil Boubakeur, recteur de la Grande Mosquée de Paris et ancien président du Conseil français du culte musulman (CFCM),
  • Franck Keller, conseiller municipal de Neuilly-sur-Seine ayant obtenu le prix du “macho de l’année”,
  • Christophe Beaugrand, animateur télé,
  • Roger Cukierman, président du Conseil représentatif des institutions juives de France,
  • Anne Hidalgo, maire de Paris,
  • Ségolène Neuville, secrétaire d’Etat chargée des personnes handicapées,
  • Bruno Le Maire, député de l’Eure,
  • Jacques Attali, président de l’ONG Positive Planet,
  • Esther Benbassa, sénatrice du Val-de-Marne,
  • Guillaume Bats, humoriste
  • et Alain Gresh, rédacteur en chef de la revue Orient XXI.

Pour en savoir plus, Respect mag vous offre la possibilité de feuilleter son magazine ici.

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