L’homophobie est-elle en voie de disparition ?

Yohann Roszéwitch dresse un état des lieux de l'homophobie en France
© Yagg

Deux ans après la loi sur le mariage pour tous, où en est l’homophobie en France ? En 2015, l’actualité a été émaillée d’avancées comme de reculs. On se souvient de l’agression lesbophobe de la championne de natation Mélanie Hénique, du mouvement « manif pour tous » qui, loin de faiblir, a annoncé devenir un parti politique ou encore des débats sur la procréation médicalement assistée pour toutes et l’ouverture du don du sang aux homosexuels. Respect mag dresse un état des lieux avec Yohann Roszéwitch, président de l’association SOS Homophobie, des LGBT-phobies en 2015.

Vous avez publié un rapport de 186 pages sur l’homophobie en France en 2015. D’après ce document, diriez-vous que l’homophobie recule ou au contraire qu’elle s’installe dans notre société ?
À SOS Homophobie, nous avons constaté une explosion des témoignages des actes LGBT-phobes au cours de l’année 2013 liée aux débats sur le mariage pour tous. La hausse était de 80% du nombre de témoignages reçus ! En 2014, nous avons constaté une légère baisse mais on ne retrouve pas les taux de l’avant période « mariage pour tous ». On voit que l’homophobie après s’être libérée, décomplexée, au cours de l’année 2013, s’est malheureusement ancrée dans la société en 2014. Bien-sûr, la libéralisation de la parole des victimes, qui osent de plus en plus s’exprimer et nous contacter, explique aussi ces hausses.

L’homophobie du quotidien, c’est-à-dire l’homophobie dans la famille, dans le travail ou dans le milieu scolaire ne baisse malheureusement pas

Où se manifestent les LGBT-phobies ? Comment cela évolue ?
Le recul de l’homophobie, après l’explosion en 2013, s’est opéré dans les contextes liés au mariage pour tous, notamment dans les sphères politiques et religieuses. Mais l’homophobie du quotidien, c’est-à-dire l’homophobie dans la famille, dans le travail ou dans le milieu scolaire ne baisse malheureusement pas. Elle augmente même dans les contextes touchant les jeunes comme les milieux scolaires ou la famille. Et cela nous préoccupe !

Est-ce que les actes homophobes ont évolué dans leur forme ? Sont-ils devenus plus insidieux, plus sournois, avec Internet par exemple ?
Évidemment, l’homophobie change de forme. On a assisté au cours des dernières années à un déferlement de haine sur les réseaux sociaux, qui est devenu le premier contexte d’actes homophobes reçus par SOS homophobie. C’est probablement dû à l’anonymat qu’offrent des réseaux sociaux. On voit des hashtags haineux sur Twitter, comme le hashtag « il faut brûler les homosexuels » par exemple. SOS Homophobie sensibilise sur Internet via un contre-discours sur les réseaux sociaux ou des partenariats avec Twitter ou Facebook, notamment pour faire retirer les contenus LGBT-phobes qui contreviendraient à la loi française. Les cas d’injures, d’appels à la haine ou de diffamation. En général, quand on leur signale un contenu, ils font en sorte de le supprimer ou de désindexer les hashtags pour en affaiblir la visibilité. Malheureusement la forme plus traditionnelle d’injures et d’agressions physiques reste aussi présente et on constate toujours, sur notre ligne d’écoute, un témoignage de violence physique à caractère homophobe tous les 2 jours !

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