Waly Dia, l’humoriste en résistance

© Laid Liazid

Humoriste franco-sénégalais, Waly Dia régale avec ses vannes sur les communautés. Sur la scène du Trévise, à Paris, le comédien, sans langue de bois, se moque des préjugés. Et lance, à Respect mag, un message de tolérance.

Le rideau s’ouvre sur un Waly Dia énergique. L’ancien danseur improvise une chorégraphie et remercie son auditoire d’être venu le voir. A sa demande, on éclaire la salle – il veut voir son public, échanger avec lui. Le Franco-Sénégalais de 26 ans remarque avant tout la diversité des visages – et ça le rend presque heureux. Devant lui : des jeunes et des moins jeunes, des gens en costume et en survêtement, des Français d’origine maghrébine et des Antillais, des blancs et des noirs.

Waly Dia, qui improvise beaucoup en fonction des spectateurs, ouvre le débat sur les clichés qui collent à leur peau, ou pas. Sans oublier de mimer des situations cocasses pour illustrer son propos. Yazid ? « T’es chômeur, non ? Criminel ? » Les Antillais ? « Vous aimez danser collé-serré, vous frotter dans le métro. » Les Algériens ? « Un peuple très patriote », lâche-t-il, avant de demander s’il y a des maillots du pays dans le théâtre, « comme toujours et même lors d’un match de tennis… arbitré par un Algérien ». Face aux réparties finement choisies, le public se marre.

L’humoriste en est convaincu : « Il faut dédramatiser ; des clichés, il y aura toujours. » Et d’évoquer aussi les Roumains, les Roms (dont Leonarda), et les différences entre les hommes et les femmes. « Mais il ne faut trop s’en soucier, souligne-t-il. Il suffit de reconnaître les préjugés pour déconstruire leur logique. »

« Pointer les différences pour rassembler »

Aussi, à la fin de son seul-sur-scène, il recherche l’un de ses témoins et s’adresse à la foule : «  Vous voyez, il ne s’est rien passé avec Yazid ! » Puis, il imite la voix de son père – dont il accentue l’accent africain – et imagine la conversation. «  Tu vois, papa, conclut l’humoriste qui a démarré sa carrière aux côtés de Jamel Debbouze et de Laurent Ruquier, on peut rire de tout avec des gens bien différents. » Telle est bien la morale de cette histoire. « Peu importe d’où l’on vient, on est tous là pour passer un bon moment, ajoute-il, au lendemain de cette représentation. « Si j’arrive, au travers de mon spectacle, à diffuser des messages de tolérance, ma mission sera réussie », note Waly Dia, qui veut « pointer les différences pour rassembler ».

Or, pour lui, les points communs sont plus importants que les disparités. « On se ressemble tous, car on aspire à la même chose : survivre, trouver un travail. » Que l’on vive en banlieue difficile, en centre-ville, ou à la campagne. « Certains ont plus de chance que d’autres », observe toutefois l’humoriste qui, dans ses sketchs, s’en prend aussi aux images négatives dont souffrent certains quartiers. La faute, en particulier, selon lui, à la diffusion sur le PAF d’ « enquêtes », qui traitent souvent le même angle, soit le trafic de drogue ou la prostitution. Ce qui « crée, estime Waly Dia, un climat de peur et alimente les thèses xénophobes ». « Comme nous vivons une période difficile économiquement, regrette-t-il, certains recherchent des coupables et ils sont tout trouvés : les étrangers, les migrants… »

« Waly Dia garde la pêche », spectacle jusqu’au 31 décembre au Théâtre Trévise (Paris).


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