“Sarcellopolis” : Respect mag vous propose de voir le documentaire complet

Le webdocumentaire Sarcellopolis
© DR

Sarcelles est une ville-symbole, à l’identité multiculturelle forte. Ce visage aux multiples couleurs s’arpente avec sérénité et calme. C’est dans cette harmonie qu’a été réalisé le webdocumentaire « Sarcellopolis » (dont Respect mag est partenaire), réalisé par Sébastien Daycart-heid et Bertrand Devé. Ce film part à la découverte des habitants de Sarcelles via sa ligne de bus emblématique qui parcourt toute la ville : la fameuse 368.

Ville bâtie dans les années 50, en pleine nouvelle ère industrielle française, Sarcelles est une cité en constante évolution, qui dialogue avec toutes ses religions et toutes ses communautés. Ce dialogue, il s’entend et se regarde au travers de témoignages de Sarcellois. Respect mag a rencontré Sébastien Daycard-heid et lui a posé quelques questions. 

R.M. : D’où vous est venue l’idée de ce projet ?
L’idée est née après une résidence au foyer de jeunes travailleurs de Sarcelles pour l’écriture d’un chapitre du livre Gueule d’Hexagone. A l’époque, il s’agissait surtout de rendre hommage au travail de Jacques Windenberger, un photographe qui a documenté la construction du premier grand ensemble. Je devais faire un reportage sur cette ville, en partant des photos de Jacques qui avait suivi le destin de cette société naissante. Il fallait trouver un moyen de faire le lien entre les différentes histoires de quartiers et de communautés, et la ligne de bus était ce lien. Quelques temps après, j’ai repris l’idée pour en faire un vrai documentaire.

R.M. : Quel est le fait le plus marquant du tournage ?
Quand nous avons du emprunter un bus justement ! Nous avons beaucoup tourné dans le bus en solo mais pour le faire le portrait des gens et des plans stables au steady cam, il a fallu en mobiliser un pendant une journée, pour des raisons liées au droit à l’image et à la nécessité de ne pas perturber la continuité du service. Ce fut épique, nous avions très peu de temps pour tourner ! Bertrand Dévé, coréalisateur, et Simon Véniel, steadycamer, s’en souviennent. Il y a aussi la scène filmée devant l’école privée Torah Temet, complètement murée de tous les côtés. On sentait qu’on touchait du doigt l’une des problématiques à Sarcelles comme en France.

A Sarcelles, on trouve des juifs séfarades, des musulmans d’Afrique et d’Asie, des bouddhistes tamouls, des évangélistes d’Afrique, des chiliens venus après Pinochet, des anciens boat-people vietnamiens, et j’en passe !

R.M. : Ce webdocumentaire est-il un message d espoir ? 
Oui, il y en a un, c’est que Sarcelles a été conçue comme une fabrique républicaine et qu’il faut hier comme aujourd’hui, continuer à donner sa chance à cette ville qui a un potentiel énorme. 90 communautés pour 60 000 habitants, c’est tout simplement extraordinaire. A Sarcelles, on trouve des juifs séfarades, des musulmans d’Afrique et d’Asie, des bouddhistes tamouls, des évangélistes d’Afrique, des chiliens venus après Pinochet, des anciens boat-people vietnamiens, et j’en passe !

Le monde est à Sarcelles, et le fait de vouloir « promouvoir la diversité » implique qu’il va falloir accepter ces identités multiples. Voilà pourquoi notre documentaire affirme avec force que l’assimilation a vécu, que nous vivons dans un monde de communautés, et qu’il faut revoir notre modèle à l’aune de ces réalités, sans pour autant renier les valeurs qui fondent notre République et permettent le vivre ensemble. C’est difficile. Mais pas impossible. Et une chose est sûre, Sarcelles comme ses habitants, ne rentrent pas dans les cases dans lesquelles on les enferme habituellement !

Respect mag vous propose de découvrir en intégralité le webdocumentaire dans son intégralité, qui a récemment remporté un Visa d’or. En route !

La presse fut conviée pour une première projection. Les journalistes livrent leurs réactions, que vous pouvez voir ici :

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