DVD
Ne vous fiez pas à son titre français : Une fiancée pas comme les autres n’est pas un énième nanar à l’eau de rose. Le petit chef d’œuvre de Craig Gillepsie plonge dans la vie de Lars, trentenaire timide et introverti du Mid West. Quand le jeune homme débarque à dîner chez son frère avec une poupée gonflable en guise de petite amie, sa vie prend un nouveau tournant. Celle du village aussi ! Humains, pas humains : méfiez-vous des apparences… Un regard juste et malicieux, un film aussi « gonflé » que sensible, à savourer avec délectation. Diaphana Edition Video.
Autre regard, à la fois mordant et tendre, sur la société américaine : 12 and holding, ou l’histoire de trois gamins qui, face aux vicissitudes et aux maux de la vie, font face à leur manière. Violence meurtrière, solitude amoureuse, obésité… Avec la détermination des grands et la maladresse de leur âge, Jacob, Malee et Leonard avancent sur des chemins que leurs adultes de parents, désemparés, n’osent pas prendre. Original, bien écrit, bien mené : un très joli film signé Michael Cuesta.Diaphana Edition Video.
Juillet 2009, Après l’océan sort dans les salles obscures. Ce film sur l’immigration, avec Abidjan comme point de départ, a inspiré à la réalisatrice Eliane de Latour un projet musical original. Plus qu’une compilation, Abidja’Taam est un aller simple pour la capitale ivoirienne. Chants reggae, ragga ou rap y côtoient des mélodies traditionnelles ou religieuses. Pas d’instruments, seulement des voix. Celles de Tiken Jah Fakoly, d’Ali Wagué ou de Troh Guede notamment. Puissantes, émouvantes… magiques. Des a cappella, parfois réhaussés d’une corde ou d’une percussion, pour transmettre la richesse d’une cité ouverte sur la mer, sur le monde. “Nous avons cherché une unité musicale qui dépasse les vieux clivages tradition/modernité pour atteindre les strates profondes et communes à cette ville unique”, expliquent les deux producteurs. Un hymne à la diversité,.. qui te donnera assurément “le goût d’Abidjan”! www.apreslocean-lefilm.com
Des beats groovy, des lyrics conscients : telle est la recette d’Art Melody. A trente ans, l’artiste burkinabé Art Melody livre son premier opus, fruit d’une rencontre avec deux réalisateurs français. Dans un univers résolument hip-hop, teinté de sonorités funk ou africaines, Art Melody a choisi de chanter en Mooré et en Dioula, deux langues parlées par vingt millions de personnes. Son cheval de bataille? “Les maux qui minent notre société”, confie-t-il. Le rap comme miroir d’un monde malade, rongé par l’injustice et les abus de pouvoir de ses dirigeants. Le rap, également, comme chant d’espoir et de liberté. Art Melody, une des nouvelles voix du peuple. www.myspace.com/artmelodyrecords
Marre des beats qui se ressemblent ? Des rappeurs devenus des clichés d’eux-mêmes ? Des lyrics pauvres, autant dans le fond que dans la forme ? Sinistre vous réconciliera avec le hip hop. L’artiste débarque avec un album de rap conscient, sans en faire trop. Historik en est la preuve. Une dédicace, reprenant les paroles les plus célèbres du hip hop hexagonal. S’en suit des clins d’œil à sa banlieue, à sa culture, à sa mère et même à Marie-Jeanne. Hip hop is NOT dead, vous dit Sinistre !
www.myspace.com/sinistarr
Chanteur, auteur, compositeur et musicien, Tedjee est un autodidacte passionné. Français, créole, anglais : sa musique est à l’image de son métissage. Sonorités sud américaines, caribéennes, et afro-américaines, l’artiste guyanais envoie un message de paix et d’universalité, pour un monde meilleur. Rayon de lumière, un premier opus sous forme d’invitation au voyage. Une soul teintée de soleil et de sensualité. Parfait pour les malheureux qui pleurent leurs vacances ! www.myspace.com/tedjee
He was a King. C’est le nom du nouvel album du DJ et producteur, Felix Da Housecat. Malgré un titre quelque peu tragique, l’artiste de Chicago livre un opus rafraichissant, idéal pour l’été. Des chansons amusantes et légères comme Plastik fantastik, Spank U very much ou Do not try this at home. «Je suis revenu à une certaine insouciance. Je voulais un album plus joyeux», explique Félix. Un hommage au kid de Minneapolis avec We all wanna be Prince, très inspiré du style du chanteur controversé qui, à l’époque, plafonnait en haut des charts. www.myspace.com/felixdahousecat
Prince, justement : vous avez peut-être entendu Dance 4 me sur les ondes, un titre électro-funk pétillant, qui donne un (petit) aperçu de son nouveau projet. Pour son retour, l'artiste a misé sur l’autoprod, souci d’indépendance oblige, ce qui ne l’a pas empêché de voir grand. Bien au contraire. Le 7 septembre, sont sortis non pas un mais trois albums : Lotusflow3r, orienté rock, MPLSound, style électro-pop funky, et Elixir, enregistré par sa protégée Bria Valente. Si l’édition triple (et limitée) devrait faire des émules chez les inconditionnels de Prince, les autres apprécieront la “formule standard”, c'est-à-dire MPLSound. Un opus expérimental de qualité, qui marie les genres avec succès et offre quelques petites pépites, dont le titre Chocolate box. Dur dur de détrôner le Prince…
Bienvenue sur Planet Paprika ! Mélange d’électro et de musique des Balkans, Shantel frappe fort avec un nouvel album abolissant pour de bon les frontières. Un quatrième opus définitivement festif qui n’a rien à envier aux productions déjantées de Goran Bregovic et Emir Kusturica. A n’en point douter, l’artiste, originaire d’Allemagne, fait partie de ceux qu’il faut écouter en live, accompagné de son Bucovina Club Orkestar. Voyage interplanétaire garanti! www.myspace.com/shantelbucovinacluborkestar
LA compil de l’été 2009? Probable! Pour ses 20 ans, le label londonien Mr Bongo débarque avec un double album best of. De Seu Jorge à Prince Fatty, en passant par Tito Puente, The Best Of retrace, en 34 titres, le catalogue impressionnant du label. Amateurs de hip hop, d’électro, d’afro beat, de folk-funk, de musique cubaine ou encore de jazz brésilien, Mr Bongo a sélectionné pour vous, perles et classiques en tout genre.
Baba Scredo & Dj Moe, respectivement MC et DJ de Mémoire Vive, viennent de sortir leur premier album, Phonétique. Loin du rap bling bling, le duo parisien déclare vouloir revenir aux sources du hip hop, raper le quotidien en toute simplicité, façon old school. Résultat? 14 titres aux sonorités jazzy largement inspirées du bon vieux rap us. www.myspace.com/memoirevive
Un homme, une femme. Deux guitares. C’est Rodrigo y Gabriela. Une maitrise impressionnante du rythme, accompagnée d'un jeu de guitare époustouflant ! Avec 11 :11, les deux virtuoses de Mexico rendent hommage à onze artistes qui les ont inspirés. Difficile de ranger cet album dans un style particulier. Une chose est sûre : les amoureux de folk, musique tzigane, flamenco et rock seront séduits. www.myspace.com/rodrigoygabriela
LIVRES ET REVUES
Le tour de toi en écharpe : voilà un livre qui te prend par surprise. L’air de rien, en douceur, par petites touches sensibles, Nourdine
Bara tisse l’univers de Samia. Des trottoirs de Tunis à ceux de l’Hexagone, l’histoire d’une jeune fille qui s’interroge, doute, imagine. Une histoire de rien, même pas une histoire… La petite voix universelle qui trotte dans nos têtes, qui se trouve ingénue, gauche, bête, alors qu’elle est tendre, vraie, poétique… Un livre comme un nuage, qui donne envie d’aller de l’avant en sifflotant, les yeux et le coeur grands ouverts. Préface par Agnès Jaoui. Ed. Domens
L’heure de la rentrée (littéraire) a sonné. En marge des mastodontes médiatiques, Mon cas d’école porte un regard drôle et critique sur notre système scolaire. “L’école, j’ai tout de suite trouvé ça génial”, écrit Peggy Derder. Ça, c’était avant. Avant de réaliser que l’égalité des chances et la réussite par le mérite, tant vantées, relèvent surtout du mythe. Avant de devenir prof d’histoire-géo et de faire plus ample connaissance avec l’Education nationale. Plutôt que de s’apitoyer sur une institution à bout de souffle, Peggy a choisi d’en rire : “Pourquoi ne pas nous amuser d’un système archaïque qui nous punit tous? Osons l’ironie!” Sous son apparente légèreté, Mon cas d’école soulève de vrais problèmes : rôle des profs, laïcité, extrémisme républicain ou inégalité du système éducatif. “De quelle égalité se prévaut-on lorsque la ségrégation socio-spatiale, et donc scolaire, est devenue la règle?”, demande-t-elle. “Quel ascenseur social constituent les diplômes lorsque ceux-ci sont inexorablement dévalués sur un marché du travail sclérosé, où règnent le népotisme et la cooptation?” Coup de gueule d’une prof désabusée? Non: état des lieux d’un système rouillé. Chiffres et sources documentaires à l’appui. Tout le monde en prend pour son grade : “personnel en saignant”, pédagogues, élèves, parents. Un tableau drôle et savoureux de la “grande famille” de l’Education nationale, dont on se délecte page après page.“Pas de pilote dans l’avion, aucune stimulation intellectuelle, conclut Peggy Derder. L’école demeure au bord de la route. C’est sans doute l’occasion d’en rire et d’admirer le paysage pour ensuite emprunter des chemins de traverse”. Ed. Flammarion.
Ecole encore avec le Guide de l’accompagnateur bénévole, réalisé par l'AFEV. L'Association de la fondation étudiante pour la ville, très impliquée dans la lutte contre l'échec scolaire, propose des outils pour accompagner les jeunes en difficulté scolaire ou sociale. Parce que chaque année, 150 000 d'entre eux sortent du système scolaire sans diplôme.
Le nouveau numéro d'Afriscope, le mag "papier" d'Africultures.com, est paru. Disponible gratuitement à Paris, en Aquitaine, en PACA, à Toulouse et à Limoges. A l'honneur : la lutte des sans papiers. www.afriscope.fr
Egalement disponible, le numéro d'automne de la revue trimestrielle de solidarité internationale Altermondes. Au sommaire, entre autres, un dossier sur "le travail décent : une réponse à la crise". Intéressant, non ? Egalement des coups de zoom sur le "coup de vieux" de Conventions de Genève, les mouvements pays en Amérique du Sud, ainsi que différents articles sur la situation des peuples au quatre coins du monde. www.altermondes.org























