France Cultures

Vu, lu, entendu - Mars 2010

  • Increase
  • Decrease
  • Normal

Current Size: 100%

share facebook share twitter share myspace add this
8 Mars, 2010
Par: Marie Vanaret Fatoumata Sakho François Schockweiller

Coups de cœur, coups de pouce : sélection de CD, livres et DVD pour secouer tes neurones, tes émotions ou tes zygomatiques.


LIVRES


Les fans de Bashung saisissent le livre avec recueillement, le feuillètent avec émotion... Bel hommage que ce Bashung : dandy des matins blêmes. L'artiste, sa vie, sa personnalité, sa carrière, ses disques, ses films... Texte intelligent et bien écrit signé Alain Wodrascka, photos sublimes réalisées par le grand photographe de rock Pierre Terrasson, qui a suivi l'artiste pendant de nombreuses années. Une esthétique et une sensibilité qui auraient plu à Monsieur Alain. Ed. Didier Carpentier

 

Ces exils que je soigne raconte l’histoire d’un parcours. Celui d’un médecin algérien émigré en France. Parti de son petit village niché dans les montagnes, le psychiatre se confronte, en France, aux douleurs et aux traumatismes des émigrés. C’est parce qu’il parle leur langage que lui seul peut les aider. Tendre et émouvant, ce témoignage croise l’histoire de ce petit kabyle à celle de la naissance difficile de son pays, qu’il finit par quitter. Entre souvenirs émus des paysages de l’enfance et dureté de la vie d’un "adulte aux origines étrangères", comme on ne cesse de lui rappeler, le narrateur réalise que nous sommes tous le produit d’un métissage permanent ; que pour écouter l’autre, il faut toujours tenir compte de son altérité.
Ces exils que je soigne, Taïeb Ferradji, Les éditions de l’atelier

 


DVD


Bang, bang ! dit la chanson. Lui, Christian Poveda, le réalisateur, c'est quatre balles dans la tête qu'il s'est pris en septembre 2009, après avoir tourné La Vida Loca (La vie folle). Folie, en effet, que cette plongée dans la Mara18, un des deux gangs qui sévissent au Salvador. Pas le temps de comprendre : à peine on les voit vivre, ils sont déjà morts... Après ce coup de poing, les bonus retracent le contexte, douze ans de guérilla, des gangs importés de Los Angeles, et tous ces lambeaux d'amour de jeunes filles et garçons de seize ans auxquels un gouvernement d'extrême-droite n'accorde pas une chance. Bande-son très inspirée de Rocca.

Double DVD (BAC Vidéo)
BOF par Rocca (disponible sur toutes les plateformes de téléchargement légal).

 

Sin Nombre, c’est l’histoire de Sayra et de son rêve américain. Accompagnée de son père et de son oncle, cette jeune hondurienne part traverser l’Amérique pour trouver un avenir meilleur. Malheureusement, Sayra croise au Mexique la route de Casper, membre de la Mara, un gang qui gangrène sans vergogne l’Amérique centrale. Une rencontre qui va sceller son destin et l’entraîner dans la spirale infernale de la violence. Après la sortie de La Vida Loca, qui a coûté la vie à son réalisateur Christian Poveda, Sin Nombre prend la relève pour souligner la dangerosité à enfreindre les lois du gang. L’intrigue, extrêmement bien ficelée, entraîne le spectateur dans une course folle pour la vie. Primé en 2009 au festival du film de Sundance, Sin Nombre arrive en dvd le 7 avril.

Il était une fois... raggamuffin ! Pour la première fois, un documentaire est consacré à l’histoire de la scène reggae en France. A l'origine du projet ? Le toaster King Daddy Yod, l'un des premiers activistes dans la capitale, dès le début des années 80. Caméra (presque) à l'épaule, il nous emmène à la rencontre d'autres pionniers. En vrac : Supa John, Saï-Saï, Princess Erika, Daddy Nuttea, Pablo Master, Ragga Dub Force, Tonton David... Tour à tour, ils reviennent sur leurs débuts et les fondements du mouvement, "conscient et militant". Une belle entrée en matière qui mériterait d'être développée !

Il était une fois...Ragamuffin (KDY Films/ Ozlive Pictures) - Disponible en DVD depuis début mars.

 


CD


Dans la scène rapologique hexagonale, Casey, c’est la fée penchée au-dessus du berceau du rap français. Pas très bien cérébré, le chiard faute souvent. Alors, Casey lui cravache la gueule. A coup d’allitérations au schlass et d’une alternance de rimes charbonnées dans l’ombre. Comme dans Libérez la bête, son deuxième album solo. A quelques années lumière du tube de l’été, Casey frappe toujours dur. Son acharnement à dénoncer les imaginaires colonisés n’a pas faibli, ses rimes restent brutales. Casey ciselle et tranche dans la langue de Molière pour en extraire des textes référencés, fleuris (entre autres) d'un large champ lexical de l’insulte. Depuis près de dix piges, la rappeuse évolue sur une ligne artistique tendue et radicale. Anfalsh productions / Ladilafé. www.myspace.com/caseyofficiel

Avez-vous le groove de l’espace ? Pour le savoir, c'est simple: prenez l'album Fantastic Planet. Faites graviter autour quelques repères : hip hop, électro, jazz et soul. Reste à convoquer quelques cosmonautes pour nous guider dans ce monde fantastique et inconnu. Je vous présente Mattic, Astrid Engberg et les MCs de A State of Mind, escortés par les gars de la Fine Equipe. Prêt à embarquer ? On monte le son. L’oreille s’habitue crescendo à ces sonorités audacieuses. Les doigts claquent, les pieds flottent au-dessus du ciel, les étoiles défilent. Ça y est, Fantastic Planet vous emporte dans sa valse stellaire ! Dans les bacs le 15 mars 2010.

No blues. Un nom de groupe bien choisi pour embarquer dès la première mélodie dans un univers de douceur et de légèreté. Au carrefour du folk, du blues et de la musique arabe, Lumen, leur dernier opus, est un mélange de sonorités dont l’association pourrait paraître de prime abord, hasardeuse. En effet, comment faire rimer «100 % pure arabica », blues et Kasackchok ? La réponse se trouve dans « Ommi », titre reflétant parfaitement le métissage musical caractéristique de l’album. Né en 2004, No Blues réunit des musiciens des quatre coins de la planète pour offrir une musique débordante d’ingéniosité. A l’origine constitué pour un seul et unique concert, le groupe prolonge le plaisir en anglais, arabe et israélien. Plus besoin de billet d’avion pour faire le tour du monde, No blues se charge de tout !

Mityx annonce que les muses sont en voix de disparition...Mais alors où ont-ils puisé toute l’originalité de leur dernier album ? Dans Muses are no more, les sources d'inspiration sont multiples. Elles prennent leurs racines au fin fond du rock et des bandes originales de films. L’opus décrit avec mélancolie un monde que le groupe pense perdu… Tout un programme. Mais ne vous y trompez pas ! Même si les chansons sont écrites dans la langue de Shakespeare, derrière ce rock alternatif aux accents de Depeche Mode, se cache un trio français qui vit entre le pays basque et la région parisienne. En attendant de pouvoir triper en live sur leur dernier disque, découvrez leur musique en téléchargement légal.

11 février 2010 : Salim Jah Peter, nouveau prophète de la scène reggae sort son album Hold-Up de Pouvoir. Une semaine plus tard, le peuple et l'armée grondent. Le président nigérien tombe face à un coup d'état. L'artiste appelle au calme et met en garde les détracteurs de la démocratie. Une attitude dans la droite ligne de l'engagement rasta anti politricks (mélange de politique et de tricks – combine en anglais). Côté ambiance : percussions, cœurs et chants d'enfants présentent les problématiques africaines sans lamentations. Chaud et pertinent, l'enfant du Niger rafraîchit les vibes reggae en ce début d’année glacial…

Kate Elliot arrive Sur la pointe des pieds. Avec douceur et fragilité. Sa voix écorchée passe le message avec beaucoup d'émotions. Sa poésie fait voyager dans un univers où les sentiments sont à fleur de peau, comme sur le titre "A mort". « J'ai le coeur clouté, agrafé, scotché, serré ». Sur la balançoire musicale, la guitare passe d'accords doux et ronds à de gros riffs aiguisés. Dans les bacs le 24 mars.

 

Bassekou Kouyate & ses Ngoni ba, quatre joueurs de n'goni -la séculaire guitare mandingue- nous entrainent dans une ballade surprenante avec I Speak Fula (Je parle Peul). Bousculant les usages, ils modifient le nombre de cordes et intègrent des accords joués aux frontières du Mali. Entre rythmes endiablés et douceur de la chanteuse Amy Sacko, l'envoutement est garanti. Certains morceaux sont interprétés en Koreduga. Et à Bamako, quand tu entends du Koreduga, c'est qu'il est temps de s'amuser et d'en profiter ! Alors en piste et bon voyage !

 
Déjà inscrit ? Connecte-toi pour réagir à cet article
S′inscrire pour réagir à cet article
En t′inscrivant, tu peux :
  • Réagir aux articles
  • Soumettre une contribution¹
  • Répondre à un appel à témoignage¹
  • Mémoriser un contenu¹
  • Participer à un jeu¹
  • Participer aux interviews online d′artistes et de personnalités¹
  • T′abonner aux podcasts¹
  • Et bénéficier de tous les nouveaux services de RespectMag.com
(1) : disponible prochainement
  1. Cultures
  2. Claude Guéant / Politique
  3. festival / Invincible / Sons d'hiver / Musique
  4. Album / FRER200 / rap / Musique
  5. Claude Guéant / Islam / racisme / Politique
  6. Cultures / Interview / Mata Gabin
  7. Cultures / Spectacles / Villette / WIP
  8. Egalité des chances / Emploi / Prix Washburne
  9. Documentaire / Extraits / Noirs de France / Mémoires
  10. Islamophobie / Politique
  1. Cultures
  2. Noir désir / rap / Youssoupha / Musique
  3. Barbès Café / concours / Spectacle / Musique
  4. Agression / Citoyenneté / Marseille / Nassurdine Haidari / PS
  5. 100% Noirs de France / Respect Mag / Sommaire / Vivre ensemble
  6. Diversité / ELLE / magazine / Préjugés / racisme
  7. Citoyenneté / edito / Respect Mag / Terra Nova
  8. 2012 / Black history month / Vivre ensemble
  9. Offres d'emploi
  10. Islam / Nounou / Sénat / Voile / Politique