1906. Atlanta, ville du Sud. Dans la rue, les Blancs s’attaquent aux Noirs, à la suite de présumés viols de femmes blanches. Une douzaine de morts en quelques jours. Depuis, les émeutes restent à caractère ethnique. Les plus graves ont lieu en 1943, puis en 1967,à Detroit. L’Ouest n’est pas épargné. Los Angeles, Californie, 1965: 34 morts, 200 millions de dollars de dégâts. L.A. toujours, 1992: l’acquittement de quatre policiers blancs accusés du tabassage d’un suspect noir (Rodney King) provoque les émeutes de South Central. Les minorités noires et latinos, gravement touchées par le chômage (55% chez les Afro-Américains), se ruent sur les commerces. La police est débordée. 55 morts,2300 blessés.
L’affirmative action, réponse à la violence. Après chaque épisode sanglant, La classe politique prend des mesures draconiennes. La plus spectaculaire: 1965, loi sur l’affirmative action. Le président Johnson recommande un financement fédéral pour l’embauche de travailleurs «de toutes races». Par la suite, l’affirmative action fixe des quotas forçant à engager des gens issus des minorités. Aujourd’hui, cette directive est remise en question, pour manque partiel d’efficacité. «J’y reste farouchement favorable, proteste Linda, Afro-Américaine. Jamais je n’aurais suivi des études supérieures et obtenu un emploi au gouvernement sans elle.» Aujourd’hui, plus de la moitié des Noirs appartiennent à la classe moyenne. Impensable il y a encore 25 ans. Les minorités occupent des postes à haute responsabilité. Même chose dans les entreprises. Pourtant, le chômage touche encore deux fois plus les Noirs que les Blancs; 25% d’entre eux exercent un métier à faible qualification.
La réponse des autorités aux émeutes de South Central ? Une répression accrue. À L.A., après 1992, on passe de 8000 à 10000 policiers. Un Noir est nommé à leur tête. Il embauche des centaines d’hommes issus des quartiers difficiles. Qui dit répression dit prison. L’étau se resserre dans toutes les grandes villes américaines. Les violences des années 90 font augmenter de façon impressionnante le nombre de détenus. En Californie, la loi impose la prison après trois délits –peu importe lesquels (three strikes and you’re out !). On compte aujourd’hui deux millions de personnes derrière les barreaux aux États-Unis.
Sources: ministère de la Justice,
Time Almanach 2004,
www.bookbags.com
























- Réagir aux articles
- Soumettre une contribution¹
- Répondre à un appel à témoignage¹
- Mémoriser un contenu¹
- Participer à un jeu¹
- Participer aux interviews online d′artistes et de personnalités¹
- T′abonner aux podcasts¹
- Et bénéficier de tous les nouveaux services de RespectMag.com
(1) : disponible prochainement