Un fonds d’investissement finance le développement de PME qui ont besoin de fonds propres pour assurer leur croissance. Le projet de Citizen Capital : apporter ces fonds à des petites entreprises, avec une spécificité: cibler ceux qui ne font pas partie des réseaux classiques des fonds d’investissement. «Les parcours les plus atypiques font souvent d’excellents businessmen. Or la diversité des origines, celle des formations sont des ressources économiques inexploitées. Nous voulons faire émerger des entrepreneurs hors normes, confrontés à des barrières sociales. Ils n’ont pas d’accès facile aux réseaux», explique Laurence Méhaignerie. Ce fonds, qui démarre ses activités cet automne, a des critères financiers : l’entreprise doit avoir dépassé la première étape de son développement, être rentable et avoir un projet de développement attractif. Autres critères: géographique (territoire économiquement défavorisé), profil ou parcours du dirigeant (autodidacte ou issu des minorités) et secteur d’activité socialement innovant (produit ou service avec un impact positif sur la société). «Nombreux sont ceux qui créent leur société en réaction aux difficultés d’accès à des postes de salariés. L’entreprise est une façon de trouver sa place dans la société, et le business, un domaine où l’on peut réussir avec un parcours atypique.» Pierre-Olivier Barennes renchérit: «Les barrières sociales se situent dans l’accès au financement et l’accompagnement. Difficile de progresser quand on a prouvé sa rentabilité, mais que les montants nécessaires au développement dépassent celui d’un crédit bancaire. Les entreprises françaises ont du mal à passer de 10 à 50 salariés ou de 50 à 100. Un dirigeant de PME pensera qu’un fonds d’investissement n’est pas pour lui. Et s’il n’a pas fait de grande école ou vient d’un quartier défavorisé, il peut s’exclure de lui-même.» Le but de Citizen Capital ? «Favoriser l’émergence d’une classe dirigeante diversifiée.»
Un fonds philanthrope ? «Nous ne faisons ni don ni prêt. Nous sommes partenaires, d’égal à égal, dans une démarche de rentabilité. » Une volonté qui passe par une sélection des entreprises candidates : 1 à 20 millions d’euros de chiffre d’affaires. Et des perspectives de développement. Pour l’heure, trois grands investisseurs ont emboîté le pas: la Caisse des Dépôts, la Caisse nationale des Caisses d’épargne et la Banque Postale, ainsi qu’une dizaine d’actionnaires privés. «Ce n’est que le début. Mais à l’instar des pays anglo-saxons, certains investisseurs reconnaissent que la performance financière peut aussi provenir d’une approche sociétale innovante.» Avec déjà 13 millions d’euros d’engagements de financement, Citizen Capital projette d’investir dans 15 à 20 entreprises dans les cinq ans.
Pierre-Olivier Barennes et Laurence Méhaignerie, cofondateurs de Citizen Capital
























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