Aucun, car ce soir, je me rends à la résidence de l'ambassadeur des Etats-unis pour la projection du film A raisin in the sun (1961), à l'occasion du cinquantième anniversaire de Lorraine Hansberry. Une initiative signée Samuel Légitimus, acteur, metteur en scène, président du collectif James Baldwin, et militant pour un lieu de création contemporaine pluridisciplinaire qui serait également un centre d'archivage, de traduction et de promotion des oeuvres classiques du « monde noir ». Encore un communautariste?
Au sortir de la projection, j'ai une tête de ouf: j'ai ri, pleuré, perdu et gagné des combats aux côtés d'une famille afro-américaine qui, soucieuse de voir sa condition s'améliorer, lutte farouchement dans des USA encore ségrégationnistes. Lorraine Hansberry a su déchiffrer, dépeindre et pressentir le devenir des siens, tant dans le futur mouvement des droits civiques que dans celui du féminisme noir.
Le souhait de Samuel Légitimus est de jouer cette pièce dans nos théâtres. Mais les institutions rechignent à subventionner cette œuvre, pourtant traduite en 37 langues et devenue un classique dans le reste du globe… Alors il est temps. Temps pour la France de se constituer un patrimoine culturel digne de toutes ses composantes: pas forcément communautaristes, simplement conscientes de leurs identités multiples.
Respect Mag 25 "L'art, ça bouge!"
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