– A peine arrivé, je me rends compte que j’ai super soif. Problème: je n’ai pas un rond sur moi! J’erre comme un pauvre pèlerin… Deux gars compatissants me filent un bon pour boire un coup sur le stand de la bière verte. Là, on me demande un euro pour la consigne du gobelet! Je plaide ma cause:
- Promis, je ne ferai pas de bêtise, je jetterai le verre dans une poubelle…
- Désolé monsieur, c’est impossible.
- Allez me chercher quelqu’un de haut placé, qu’on en finisse!
Aleluia, un monsieur de la bière verte a pitié de moi – je devais avoir de la bave à la commissure des lèvres, il a dû se dire qu’il fallait absolument me réhydrater… Bel esprit de solidarité! Je décide d’aller savourer ma première gorgée de houblon devant le concert d’un reggaeman germano-indonésien, nommé Sebastian Sturm. Stourrrrmeuh! Ne connaissant pas cet artiste, je demande des infos à mes voisines. Une troisième larronne débarque:
- Ça vous dérange si on fait une photo ?
- Pas de problème, je finis juste ma conversation.
- Si c’est comme ça, je m’en vais, répond-elle, vexée!
Je continue ma route et croise Jack Lang (1). Heureusement, il ne me reconnaît pas! Sinon, il aurait fallu que je lui offre un verre, je n’aurais pas pu (faute d’argent) et je serais encore passé pour un traîne-latte…
Déambuler te permet de capter l’ambiance: à voir le comportement des gens, leur façon de ne pas jeter de trucs par terre, de ne pas hurler en signe de ralliement, tu te dis qu’il règne sur Solidays quelque chose d’harmonieux. Je ne sais pas si c’est de la bonne éducation ou une sorte de comportement citoyen, mais ça fonctionne. Tout est pensé, en place, ça s’organise bien. La programmation est diversifiée, tout le monde y trouve son compte... Je me sens proche des valeurs portées par ce festival et ses organisateurs. Aujourd’hui, si on ne prête pas un peu attention à son voisin de palier, de village, de ville, d’univers, on n’y arrivera pas. Evidemment, tous les festivaliers n’ont pas cette conscience chevillée au corps, mais leur présence sert une bonne cause. A partir du moment où tu sais ça, vas-y franco, mon général! Je suis fier d’être un des parrains de Solidays… Même si on découvrira peut-être un jour que Luc Barruet (2) se gave grave, qu’il détourne des fonds, qu’il est en train de se faire construire une huitième villa hors de prix à Mikonos avec l’argent des gobelets de bière!
(1) Ancien ministre français de la culture. (2) Fondateur et directeur de Solidays.
T'EN PENSES QUOI ?
Keziah Jones
– Par rapport à d’autres nations africaines, très actives dans la lutte contre le sida, le Nigéria (mon pays) est à la traîne. Je suis donc très heureux de participer à un festival investi sur ces questions. La solidarité, vu les nombreuses fractures dont souffre actuellement le monde, est essentielle. Je ne suis pas politicien, je suis juste musicien, mais je crois que la musique peut aider à rassembler des gens autour d’une cause, quelle qu’elle soit. Le moins que je puisse faire, en tant qu’artiste, est de participer à ce mouvement.
Mouss et Hakim
– Nous avons déjà joué plusieurs fois à Solidays. Pour rien au monde nous n’aurions raté l’opportunité de célébrer la solidarité avec le public et l’équipe de Solidarité Sida. La musique a toujours accompagné la vie des gens, des combattants, ici et ailleurs. C’est un plaisir de participer à cette dynamique collective, essentielle, qui nous tire vers la vie et de l’espoir.
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(1) : disponible prochainement