«Le militantisme sida s’essouffle, reconnaît Luc Barruet, directeur de Solidarité Sida, mais la crise nous touche moins que d’autres. Comme si, en ces temps difficiles, les partenaires financiers se recentraient sur des activités porteuses de sens, utiles et solidaires.»
Les bénévoles, eux aussi, restent au rendez-vous. Tous les ans, ils sont environ 800 à donner du temps à Solidays, en amont et pendant l’événement. «Certains prennent quinze jours de vacances pour participer au montage et au démontage des scènes, raconte Luc Barruet. Quand ils s’en vont, ils ont perdu quatre kilos et disent merci, à l’an prochain!» Scott, 33 ans, en est à son sixième: «Je m’occupe du voiturage d’artiste, par intérêt pour l’événementiel et le milieu culturel.» Geoffrey, la vingtaine, a d’abord vu le bénévolat à Solidays «comme un moyen d’assister gratuitement à des concerts. Mais une fois sur place, je n’en ai plus rien eu à faire! Ce que j’aime, c’est l’ambiance, l’organisation, tout ce qui se passe à côté.» Idem pour Benoît: «J’ai découvert Solidays comme festivalier. L’énergie déployée par l’équipe m’a donné envie de m’investir. Quand j’ai eu un creux dans ma vie, j’y ai repensé. Pendant deux ans, j’ai été bénévole sur le village associatif. Cette année, j’ai pris dix jours de congés pour participer à l’accueil des associations étrangères et tenir le stand d’information du festival.»
Un engagement à la carte qui est la marque de Solidarité Sida. «Chez nous, il n’y a aucune obligation, explique Luc Barruet. Tu peux venir seulement un soir pour vendre des rubans rouges à un concert, ou t’impliquer davantage. Nous tenons à ce que le plaisir reste au cœur de nos actions.» De fait, beaucoup de jeunes débarquent à Solidarité Sida sans être, au départ, des militants de la lutte contre le VIH. «Cela peut parfois heurter les volontaires plus directement touchés, concède un membre de l’organisation. Dans d’autres associations comme Aides, les gens engagés sont souvent eux-mêmes des victimes du sida. L’essor des campagnes street marketing de dons change toutefois la donne: pour se faire un peu d’argent, pas mal de jeunes a priori non concernés deviennent porte-parole de la cause.»
A VOS AGENDAS
Le nuit du Zapping, organisée par Solidarité Sida pour récolter des fonds, revient en octobre 20009. www.solidarite-sida.org
















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