«Ce sont les premières victimes de la violence et de l’ignorance, explique Penda, directrice exécutive du Centre SAS (Côte d’Ivoire). Nous organisons des espaces de paroles pour qu’elles puissent s’exprimer, discuter, être sensibilisées à l’usage du préservatif. Dans nos contrées, il n’est pas toujours facile de discuter sexualité ! Certaines refusent de se protéger, par peur ou par conviction religieuse (merci le pape). D’autres ont du mal à se déclarer séropositives. Beaucoup n’osent pas tenir tête à leur mari car elles en sont dépendantes. Il faut les aider à confiance en elles : accompagnement psychosocial en profondeur pour arriver à dénouer les blocages, soutien mutuel par création de groupes de femmes, aide à l’émancipation économique (micro-crédit, etc.) Petit à petit, les choses changent. »
« Pourquoi ne crée-t-on pas des programmes spécifiques pour les hommes? réagit Latifa, militante associative. Ce sont eux qui contaminent, eux qui ne rentrent pas dans les centres de dépistages. Il faut changer ça!» Elsa, française originaire du Congo, pense que le problème est plus global: «Lutte contre le VIH et combat contre toutes les formes d’extrémisme ne peuvent pas être dissociées. Le sida n’est pas le problème de quelques "maudits" mais de toute une société, car il révèle le poids du patriarcat en Afrique. C’est tout l’environnement politique et religieux qu’il faut changer.»
UN FONDS POUR L'AFRIQUE
Pour soutenir le financement et la visibilité de ses actions en faveur de l’Afrique, Solidarité Sida a créé un fonds spécifique, regroupant les soutiens de donateurs multiples (collectivités territoriales, entreprises et autres). Bénéficiaires des 700 000 euros récoltés la première année: 40 associations communautaires implantées dans 15 pays africains, travaillant au plus près des besoins des malades et des problématiques locales, en complément des structures publiques.
www.fonds-afrique.com
LE SAVIEZ-VOUS ?
- En 2009, 33 millions de personnes sont porteuses du VIH à travers le monde. 10 millions ont un besoin urgent d’antirétroviraux. Près de 7 millions en sont privés.
- 90% des victimes du sida vivent dans des pays en développement (les deux tiers en Afrique subsaharienne). Dans certaines régions, toute la population âgée de 15 à 49 ans est menacée.
- 5500 personnes meurent chaque jour du sida, faute de traitement.
- L’Afrique comptera 13 millions d’orphelins du sida d’ici la fin de l’année. En Afrique subsaharienne, 48% des enfants ont perdu au moins l’un de leurs parents à cause du sida. Sur cinq femmes séropositives dans le monde, quatre vivent en Afrique.
- Le coût annuel d’un traitement ARV est de 120 euros (il était de 8000 à 26000 euros avant l’arrivée des génériques).
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(1) : disponible prochainement