Amine (Maroc) Toute une culture ! Dotée de multiples branches : Mcing, Djing, danse, graffiti… Egalement, pour certains, une philosophie et un mode de vie. On a pris le principe du rap – un beat et la poésie d’un texte – et on lui a donné une extension locale. Pour nous, c’est un outil d’expression, un moyen de s’extérioriser, de porter notre voix et passer nos messages au plus grand nombre. Un art, où chacun s’affirme à sa façon. Certains choisissent l’écriture ou la peinture ; nous, on a opté pour le hip hop ! De sorte que notre musique est très différente de celle made in US.
Marie (Niger) Avec un H majuscule ! Une culture qui puise ses racines dans l’Amérique des années 50-60. L’affirmation sociale et politique des Noirs américains, les ghettos, le Bronx. Un mouvement avec ses codes vestimentaires, son parler, ses leaders, ses partisans et ses opposants. La culture de la rue, la jeunesse, l’envie de dénoncer les injustices, l’envie de s’en sortir, la revendication des minorités pour une vie meilleure. C’est pour ça que le hip hop a conquis l’Afrique de l’ouest et le Niger : les nouvelles générations nigériennes, abandonnées par l’Etat et livrées a elles-mêmes, se sont retrouvées dans le message véhiculé par la culture hip hop américaine.
Amadou (Sénégal) Une façon de vivre, de penser, de s’habiller, de voir les choses qui nous entourent. Moi je mange hip hop, je respire hip hop, je parle hip hop, je réfléchis hip hop… Cette culture m’a permis de m’affirmer comme être humain.Amadou A 13 ans, dans les années 90, quand le rap a fait boom au Sénégal. A l’époque, je me souviens avoir écrit un petit texte de rap qui parlait de l’école. J’y disais déjà que le savoir était une arme, et je n’ai pas lâché l’affaire ! J’ai été marqué par des gens comme Dead Prez Talib Kweli, NAS, KRS-ONE, IAM, et tous les gars qui « représentent ».
Marie Quand je suis arrivée au Niger, il y a six ans. En France je n’écoutais pas du tout de rap et j’assimilais le style baggy, casquette, « caillera » à délinquance. Au Niger, j’ai découvert un fort mouvement rap local, certes totalement déstructuré mais bien présent. J’ai tout de suite accroché. J’aime beaucoup la poésie ; les textes de rap, puis de slam, sont devenus mes nouvelles lectures. Je n’écoute quasiment pas de rap américain, à part Eminem : à mes yeux, il est devenu trop commercial, trop bling bling. Côté français, j’aime le rap conscient de Kery James ou d’Abd al Malik, l’humour de Diziz la peste, et suis une inconditionnelle de NTM. J’écoute aussi pas mal de rap d’Afrique de l’ouest : les sénégalais Awadi (pour moi l’un des leaders de la scène africaine), Duggy T et Daara J, les Burkinabés Smockey, Faso Komba et Yeleen, le Béninois Ardiess. A côté, mes goûts musicaux sont très éclectiques : de la musique classique (Chopin, par exemple), des vieux standards de jazz comme Sonny Rollins, Aretha Franklin, Miles Davis ou Telonious Monk, des groupes de rock comme Noir Désir, Zebda, Marilyn Manson et Prodigy, sans oublier le reggae !
























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