Sexe : La version hard core

1 Octobre, 2008
Par: Alwa Deluze Marc Cheb Sun Hélène Roulot-Ganzmann

Le Net rajeunit l’accès au X dans un climat violent. Big problème: différencier de la réalité images de gangs bangs et humiliation sexuelle !

Thomas, 17 ans: «Je ne peux pas sortir avec une fille qui ne veut pas coucher. Ça prend la tête!» Jessyca Falour, animatrice de libre antenne, confirme: «Les garçons sont dans la consommation. Même si elles s’émancipent, les filles restent dans le sentiment amoureux.» Mecs d’un côté, filles de l’autre ? La réalité est plus complexe. Certains garçons expriment une vraie demande affective lorsque certaines filles jettent les mecs comme des Kleenex. Bien sûr, quand les jeunes ont des lieux pour se rencontrer, se parler, échanger, c’est plus facile. Donc a priori plus simple de s’approcher et de communiquer dans les centres-villes qu’en banlieue ou en milieu rural. Point commun, d’un quartier à l’autre: une présence de la violence.Laura, 19 ans : «En tant que fille, on est partagée entre l’espoir du conte de fée et l’angoisse de tomber sur un malade.» Et Laura ne se fait pas un film: ces violences, tous milieux sociaux confondus, sont une réalité. En 2000, une enquête nationale signale qu’une femme sur dix est victime d’un viol ou d’une agression sexuelle au cours de sa vie. Un chiffre sous-estimé selon l’association Viols femmes informations: moins d’une victime sur dix ferait la démarche de porter plainte.
 
Le cinéma X est en cause. Dès la fin de l’école primaire, certains enfants ont déjà vu un film porno, sur la toile ou sur une chaîne câblée. Filles ou garçons, tous chattent et matent. Sara, infirmière scolaire: «Les élèves posent des questions, on répond à tout. Il n’y a aucun tabou et, ça, c’est nouveau.» Beaucoup d’interrogations sur les positions, ou sur comment les hommes font entre eux… «L’influence des films X est évidente. Pour les garçons, ça se traduit par l’angoisse de ne pas être à la hauteur (performance, taille du sexe). Pour les filles, c’est la douleur qui inquiète. Qu’est-ce qui fait mal…» Les garçons voient «des chiennes» dans les actrices X. «En discutant, ils comprennent que le film ne reflète pas une relation entre deux personnes. » D’où l’importance d’en parler… Idem pour le phénomène tournante. «Dans les films, les jeunes voient des femmes qui aiment ça. Il faut en discuter avec eux (et c’est possible) pour faire comprendre que la réalité, c’est autre chose, et que ça devient un viol, un crime, quand la fille ne choisit pas.» Catherine Solano, sexologue à l’hôpital Cochin, auteur d’ouvrages sur la sexualité ado, raconte: «Beaucoup de jeunes pensent qu’il faut s’épiler intégralement parce qu’ils ont vu ça dans des films X. Il y a cinq ou six ans, les filles ne posaient jamais de questions sur l’épilation, maintenant ça n’arrête pas. “Je me suis tout rasé, ça pique, j’ai des boutons partout. Est-ce qu’il faut tout enlever?” Ils regardent Internet pour se stimuler, mais pas seulement. On y recherche des infos qu’on ne trouve pas ailleurs. Malheureusement, quand on n’a pas de distance, la pornographie informe mal

 
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© D.R.
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Article paru dans
Numéro 20
Octobre - Novembre - Décembre 2008

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