... Tout cela à la fois ? Tant mieux !
Ce numéro marque un tournant de Respect mag. Nouvelle maquette, nouveau logo, nouveau web. Nouveaux projets. Son thème central (la France face à ses différences) illustre notre volonté acharnée depuis toujours : créer du lien, des passerelles, du dialogue, du vivre ensemble. Sans tomber dans un consensus mou et sans saveur. La diversité titille nos certitudes, dérange nos habitudes. Elle nous bouscule. C’est là sa force. Remettre en cause tant les visions figées d'une République recroquevillée, qu'un communautarisme pantouflard, qui se hérisse à l'idée de croiser son (apparent) contraire... « Qui se ressemble s'assemble » ? Et si on changeait de rengaine ? Dédicace à tous les mutants, multiformes. A tous les « autres » qui sont en nous. A tous les curieux de la vie.
La France face à ses différences
Mis en avant dès les années 70 par les mouvements gays, le « droit à la différence » reste, aujourd’hui encore, une revendication des minorités. Mais avec le temps, les slogans se complexifient. Signe de maturité. On voit désormais émerger avec autant de vigueur le refus d’être enfermé dans sa différence, assimilé aux clichés qui lui collent à la peau. Jusqu'à, parfois, réclamer un « droit à l'indifférence ». Droit à la différence, droit à l’indifférence. Deux concepts opposés ? Complémentaires, plutôt. Les « minoritaires » doivent avoir, comme les autres, le choix de leur construction. Et pouvoir nous apporter la richesse de leurs différents positionnements. Vive la citoyenneté « multiculti » !
En fait, les minorités posent désormais deux questions cruciales à notre société. Celle de son identité, faite de multiples facettes (croyances, modes de vie, sexualités...), et plus encore, celle de sa capacitéà reconnaître, assumer et promouvoir son métissage, potentiel moteur d’une modernité reboostée. Les plus optimistes voient dans le concept de « diversité » – bien ou mal nommé, ce n'est pas le sujet – l'occasion inespérée de rassembler tous nos visages. Le challenge ? Valoriser chaque apport, en ciblant sa juste repreésentation au sein d'une société commune. Cette dynamique interrogerait, du même coup, nos propres intolérances et résistances à une diversité assumée. Et cela, que nous soyons issus d'un groupe « minoritaire » (homo, musulman, juif, noir, arabe...) ou « majoritaire ».
Parmi les « minoritaires », certains redoutent le danger d'un concept fourre-tout, avec risque de noyade des combats spécifiques. Ceux-là défendent « leur communauté avant tout » et trouvent insultant parfois de se voir comparés à un autre groupe. D'autres, essentiellement « majoritaires », se lancent dans des incantations à la gloire de la République. Tout en prenant soin, bien sûr, de désigner parmi leurs troupes quelques porte-parole « minoritaires », télégéniques de préférence, parce que, oui, quand même, ça fait mieux pour l'image... Pour eux, nommer la différence sépare les citoyens et fracture notre cohésion nationale. Comme si les discriminations ethniques, la ségrégation sociale, l'absence de diversité dans les représentations de notre imaginaire collectif ne s'en étaient pas déjà chargé. La diversité, importée de chez l'Oncle Sam, viendrait troubler l’objectif "bleu blanc rouge" : la sacro-sainte égalité. Bref, on n’est pas sorti de l’auberge !
Magazine creéé pour « secouer les ghettos », « décoloniser les imaginaires », « apprendre à vivre ensemble », Respect mag serait-il un ovni ? Certainement pas. Car au-delà des rancoeurs communautaires qui, c'est vrai, nous polluent parfois l'existence, au-delà des grands discours à la gloire du modèle français, tellement déconnectés de nos réalités... Au-delà des lobbies, de ceux qui roulent pour eux-mêmes, et rien que pour eux... Au-delà de tout ce qui nous parasite, restent tous ceux qui nous motivent à poursuivre vers une autre voie. Les positifs, constructifs, pragmatiques, rêveurs aussi, curieux des autres, et donc d'eux-mêmes. Parce qu'une société métissée est une société qui avance résolument sous l'impulsion de son métissage, respect à tous les faiseurs de lien. Respect, tout simplement.
Actuellement en kiosque.
POUR LA P'TITE HISTOIRE
Pour créer notre couv', l'artiste Alexis Peskine (www.alexispeskine.com) s'est inspiré de Rosie the Riveter ou Rosie la Riveteuse. Rosie symbolise, dans la culture populaire américaine, les six millions de femmes qui vont travailler dans l’industrie durant la Seconde Guerre mondiale, lorsque les hommes partent au front. Le personnage de l'affiche devient une icône féministe et un symbole du poids économique naissant de la femme. Au fait, le slogan vous rappelle quelque chose ?























Chapeau bas pour la couv...un
Chapeau bas pour la couv...un bel exemple de "décolonisation des imaginaires"...
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